Prurit de la plante des pieds chez une femme de 35 ans
Évaluation initiale et diagnostic différentiel
Le prurit localisé à la plante des pieds chez une jeune femme de 35 ans nécessite d'abord l'exclusion d'une dermatose primaire, notamment une dermatite de contact, une infection fongique (tinea pedis), ou un eczéma dyshidrosique, avant de considérer une cause systémique. 1
L'examen cutané doit rechercher spécifiquement :
- Des lésions primaires (vésicules, squames, érythème) qui indiqueraient une maladie cutanée plutôt qu'un prurit systémique 2
- Des signes de tinea pedis (infection fongique) avec desquamation interdigitale ou plantaire 1
- Des lésions secondaires au grattage (excoriations, lichénification) qui sont réactives 2
Prise en charge de première ligne
Commencez par des émollients à haute teneur lipidique et un corticoïde topique doux comme l'hydrocortisone 2,5% ou le triamcinolone 0,1% pendant au moins 2 semaines. 1, 3
Les mesures thérapeutiques initiales comprennent :
- Application généreuse d'émollients à haute teneur lipidique sur les zones affectées 3
- Corticoïdes topiques : hydrocortisone 2,5% ou triamcinolone 0,1% pour traiter tout eczéma sous-jacent 1, 3
- Évitement des déclencheurs : limitation de l'exposition à l'eau, chaussures respirantes, chaussettes en coton 2
- Considérer le clobétasone butyrate ou le menthol topique comme alternatives 3
Options de deuxième ligne
Si aucune amélioration après 2 semaines de traitement topique :
Prescrivez des antihistaminiques non sédatifs comme la fexofénadine 180 mg ou la loratadine 10 mg, ou la cétirizine 10 mg (légèrement sédative). 3
- Antihistaminiques H1 non sédatifs : fexofénadine 180 mg ou loratadine 10 mg par voie orale 3
- Combinaison d'antagonistes H1 et H2 : fexofénadine avec cimétidine pour effet synergique 3
- Doxépine topique peut être utilisée mais limitée à 8 jours, 10% de la surface corporelle, et 12 g par jour 3
Traitements neuropathiques si prurit persistant
Pour un prurit neuropathique ou d'étiologie mixte :
- Agents topiques neuropathiques : menthol, pramoxine, ou lidocaïne seuls ou en combinaison avec des stéroïdes topiques 1
- Gabapentine pour le prurit neuropathique réfractaire 3
- Antidépresseurs : paroxétine, fluvoxamine, mirtazapine, sertraline ou doxépine 3, 1
- Antagonistes opioïdes : naltrexone ou butorphanol 3, 1
Bilan diagnostique si prurit généralisé ou persistant
Si le prurit devient généralisé ou ne répond pas au traitement initial, effectuez :
- Numération formule sanguine et ferritine pour exclure une carence ou surcharge en fer 4, 3
- Urée et électrolytes pour exclure une cause rénale 3
- Tests de fonction hépatique pour exclure une cholestase 3
- Tests de fonction thyroïdienne uniquement si signes cliniques évocateurs 3
- Glycémie à jeun ou HbA1c si suspicion de diabète 3, 2
Pièges à éviter
N'utilisez PAS les antihistaminiques sédatifs (comme l'hydroxyzine) chez cette patiente jeune sauf en contexte palliatif à court terme, car ils peuvent causer une sédation excessive. 3
Autres traitements à éviter :
- Ne pas utiliser la crème de crotamiton (inefficace selon les données probantes) 3
- Éviter la capsaïcine topique ou la lotion de calamine (non recommandées) 3
Quand référer en soins secondaires
Référez à un dermatologue si le diagnostic reste incertain, si les symptômes persistent malgré la prise en charge en soins primaires, ou si la patiente est significativement affectée dans sa qualité de vie. 3
Les indications de référence incluent :