Traitement des nausées chez les patients hospitalisés pour influenza
Pour les nausées chez les patients hospitalisés avec influenza, utilisez un antiémétique léger tel que l'ondansétron, car les nausées sont un effet secondaire fréquent de l'oseltamivir (survenant chez environ 10% des patients), et le traitement antiémétique permet de maintenir la thérapie antivirale essentielle. 1
Contexte clinique important
Les nausées dans le contexte de l'influenza hospitalisée proviennent généralement de deux sources principales :
- Effet secondaire de l'oseltamivir : L'oseltamivir (Tamiflu), le traitement antiviral de première ligne, provoque des nausées chez environ 10% des patients 1, 2
- Symptômes de l'influenza elle-même : Les nausées peuvent faire partie du tableau clinique de l'influenza 1
Stratégie de gestion des nausées
Prévention et optimisation du traitement antiviral
- Administrer l'oseltamivir avec de la nourriture pour réduire les effets gastro-intestinaux, ce qui diminue significativement l'incidence des nausées et vomissements 2
- Ne pas arrêter l'oseltamivir à cause des nausées, car le bénéfice antiviral l'emporte largement sur cet effet secondaire, particulièrement chez les patients hospitalisés 2, 3
- Les nausées induites par l'oseltamivir sont généralement légères et transitoires, se résolvant en 1-2 jours 2
Traitement antiémétique recommandé
L'ondansétron est l'agent antiémétique de première ligne pour plusieurs raisons basées sur les données probantes :
- Efficacité démontrée : L'ondansétron est aussi efficace que la prométhazine pour le soulagement des nausées 4
- Profil de sécurité supérieur : Contrairement aux autres antiémétiques, l'ondansétron n'est pas associé à la sédation ou à l'akathisie 4
- Utilisation sûre en milieu hospitalier : Les données montrent une excellente sécurité même en administration préhospitalière 5
Posologie de l'ondansétron
- Adultes : Administration intraveineuse préférée en milieu hospitalier, avec une amélioration moyenne du score de nausée de 4 points sur une échelle de 10 points 5
- Voies alternatives : Intramusculaire ou comprimé orodispersible si l'accès IV n'est pas disponible 5
- Effets secondaires minimes : Hypotension légère rare, pas d'effets neuropsychiatriques significatifs 5
Alternatives antiémétiques si l'ondansétron n'est pas disponible
Si l'ondansétron n'est pas disponible, considérez ces options avec leurs limitations :
- Prochlorpérazine ou métoclopramide : Efficaces mais nécessitent une surveillance pour l'akathisie qui peut se développer jusqu'à 48 heures après l'administration 4
- Prométhazine : Option acceptable si la sédation est souhaitable, mais plus sédative que les autres agents et risque de dommages vasculaires lors de l'administration IV 4
- Éviter le dropéridol : Limité aux cas réfractaires en raison de l'avertissement de la FDA concernant la prolongation du QT 4
Surveillance et réévaluation
Pour les patients hospitalisés avec influenza et nausées :
- Surveiller les signes vitaux au moins deux fois par jour, incluant température, fréquence respiratoire, pouls, pression artérielle, état mental et saturation en oxygène 1, 6
- Réévaluer après 48 heures si aucune amélioration clinique, avec réévaluation complète 1
- Vomissements persistants (>24 heures chez les enfants) nécessitent une attention particulière et peuvent indiquer une complication bactérienne secondaire 1
Pièges à éviter
- Ne pas confondre les nausées induites par l'oseltamivir avec une détérioration clinique : Les nausées légères sont attendues et ne justifient pas l'arrêt du traitement antiviral 2
- Ne pas prescrire d'antibiotiques pour les nausées seules : Les antibiotiques ne sont indiqués que s'il existe des preuves claires de co-infection bactérienne (fièvre persistante au-delà de 3-4 jours, aggravation des symptômes, signes de pneumonie) 2, 3
- Maintenir l'hydratation adéquate : Essentielle pour le soulagement symptomatique, particulièrement en présence de nausées 2, 6