Bilan sanguin pour perte de cheveux diffuse chez la femme
Pour une femme présentant une perte de cheveux diffuse sans plaques d'alopécie ni lésions du cuir chevelu, je recommande un bilan sanguin ciblé comprenant : ferritine sérique, TSH, vitamine D, zinc, et hémogramme complet. 1, 2
Tests de laboratoire essentiels
Ferritine sérique (priorité absolue)
- La carence en fer représente 70% des cas de perte de cheveux chez la femme et constitue la déficience nutritionnelle la plus fréquente associée à l'alopécie diffuse 3, 4
- Le seuil optimal pour la croissance capillaire est ≥60 ng/mL, bien supérieur au seuil d'anémie 3
- Un taux de ferritine <60 ng/mL indique une carence en fer nécessitant une supplémentation 1, 3
- L'hémoglobine correspondante devrait être ≥13,0 g/dL pour une croissance capillaire adéquate 3
Fonction thyroïdienne
- TSH pour dépister une dysthyroïdie, cause fréquente d'alopécie diffuse 1, 4
- Si la TSH est élevée avec T4 libre basse, ajouter les anticorps anti-TPO pour confirmer une hypothyroïdie auto-immune 1
- Les troubles thyroïdiens sont souvent asymptomatiques cliniquement mais causent une perte de cheveux significative 4
Déficiences nutritionnelles additionnelles
- Vitamine D : 70% des patientes avec alopécie areata ont des taux <20 ng/mL versus 25% des contrôles, avec corrélation inverse entre les niveaux et la sévérité 1
- Zinc : les taux sériques sont généralement plus bas chez les patientes avec alopécie, le zinc étant un cofacteur enzymatique essentiel pour la fonction folliculaire 1
- Folate : peut contribuer à la perte de cheveux lorsqu'il est déficient 1
Hémogramme complet
- Pour évaluer l'anémie qui peut accompagner la carence en fer 3, 4
- Un taux d'hémoglobine <13,0 g/dL chez la femme suggère une réserve en fer insuffisante pour la croissance capillaire 3
Tests additionnels selon le contexte clinique
Si signes d'hyperandrogénie (acné, hirsutisme, irrégularités menstruelles)
- Testostérone totale ou libre/biodisponible 1
- SHBG (sex hormone binding globulin) 1
- Dépistage du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) 1
- Prolactine si hyperprolactinémie suspectée 1
Si diagnostic incertain
- Culture fongique si suspicion de teigne du cuir chevelu 5, 1
- Sérologie lupus si lupus érythémateux systémique dans le diagnostic différentiel 5, 1
- Sérologie syphilis si syphilis secondaire suspectée 5, 1
- Biopsie cutanée pour les cas difficiles ou alopécie cicatricielle précoce 5, 1
Pièges à éviter
- Ne pas attendre l'anémie pour diagnostiquer une carence en fer : le seuil de ferritine pour la croissance capillaire (60 ng/mL) est beaucoup plus élevé que celui de l'anémie (5,1 ng/mL) 3
- Initier la supplémentation dans les 6 mois du début des symptômes pour un meilleur pronostic 3
- Ne pas commander de tests excessifs si le diagnostic clinique est évident (effluvium télogène post-partum par exemple) 5
- 83,9% des cas d'alopécie féminine sont liés à des déficiences nutritionnelles, justifiant un bilan systématique 1
Algorithme diagnostique
- Bilan de première ligne systématique : ferritine, TSH, vitamine D, zinc, hémogramme 1, 2, 4
- Si ferritine <60 ng/mL : supplémentation en fer et réévaluation à 3 mois 3
- Si TSH anormale : compléter avec T4 libre et anticorps anti-TPO 1
- Si signes cliniques d'hyperandrogénie : bilan hormonal complet 1
- Si diagnostic reste incertain après bilan initial : envisager biopsie cutanée 5, 1
La durée de la maladie est un facteur pronostique important pour l'amélioration après supplémentation 3. L'effluvium télogène se résout spontanément dans 80% des cas de courte durée (<1 an) une fois la cause déclenchante éliminée 2, 4.