Traitement de la rétention urinaire chez la femme
La prise en charge initiale de la rétention urinaire chez la femme nécessite un cathétérisme vésical immédiat pour décompression complète, suivi d'une identification et correction de la cause sous-jacente, qui est le plus souvent une défaillance du détrusor plutôt qu'une obstruction. 1, 2, 3
Évaluation diagnostique initiale
Critères diagnostiques
- La rétention urinaire chronique est définie par un résidu post-mictionnel (RPM) >300 mL à deux occasions distinctes, persistant pendant au moins six mois 1, 3
- Mesurer systématiquement le RPM pour quantifier la sévérité 1, 3
Examens essentiels à réaliser
- Analyse d'urine avec culture pour exclure une infection urinaire, qui peut être une cause réversible 1, 2
- Examen pelvien ciblé pour identifier les causes anatomiques, notamment le prolapsus des organes pelviens ou la sténose urétrale 1, 4
- Échographie pelvienne et rénale comme investigation de base pour évaluer la vessie et exclure une hydronéphrose 4, 5
- Révision médicamenteuse complète car les anticholinergiques utilisés pour l'incontinence d'urgence peuvent paradoxalement causer une rétention, particulièrement chez les femmes âgées 1, 2
Étiologies à rechercher
Les causes chez la femme se classent en plusieurs catégories 4:
- Infectieuses/inflammatoires: cystite, urétrite, vulvovaginite 2
- Pharmacologiques: anticholinergiques, agonistes alpha-adrénergiques 2, 4
- Neurologiques: lésions corticales, médullaires ou des nerfs périphériques 2, 4
- Anatomiques: prolapsus pelvien, sténose urétrale 1, 4
- Myopathiques: défaillance du détrusor (cause sous-jacente fréquente) 4, 5
Point critique: Contrairement aux hommes où l'obstruction prostatique domine, chez les femmes la défaillance du détrusor est souvent le mécanisme sous-jacent, pas l'obstruction 4, 5
Prise en charge immédiate
Drainage vésical
- Cathétérisme immédiat et complet si la patiente est symptomatique ou à risque de complications 2, 3
- Le cathétérisme sus-pubien peut être supérieur au cathétérisme urétral pour la gestion à court terme, avec amélioration du confort et réduction de la bactériurie 3
- Les cathéters imprégnés d'alliage d'argent peuvent réduire les infections urinaires 2
Correction des causes réversibles
- Arrêter ou modifier les médicaments causaux (anticholinergiques, alpha-agonistes) 1, 2
- Traiter toute infection urinaire identifiée 1, 4
- Corriger les facteurs anatomiques si présents 4
Traitement définitif selon l'étiologie
Rétention chronique d'origine neurologique
- Auto-cathétérisme intermittent propre comme traitement de choix pour les patientes avec vessie neurologique 2, 3
- Les cathéters à faible friction ont démontré un bénéfice chez ces patientes 2
Traitement pharmacologique
- Le béthanéchol (agent cholinergique) est indiqué pour la rétention urinaire postopératoire, post-partum non obstructive et l'atonie neurologique de la vessie 6
- Mécanisme: augmente le tonus du muscle détrusor et initie la miction 6
- Dose orale: effets apparaissent en 30-90 minutes, durée d'action de 1 heure (jusqu'à 6 heures pour doses élevées) 6
Mise en garde importante: Les alpha-bloqueurs, efficaces chez l'homme avec hyperplasie prostatique, ne sont pas supérieurs au placebo chez la femme avec rétention urinaire 5
Interventions à éviter
- La dilatation urétrale n'a qu'un rôle limité et ne devrait être considérée que s'il existe une sténose urétrale documentée 4, 5
- Éviter d'étiqueter les symptômes comme "psychogènes" sans investigation appropriée 4
Situations nécessitant une référence spécialisée
- Rétention idiopathique apparente: référer à un urologue spécialisé en dysfonction vésicale pour considérer des études urodynamiques 5
- Syndrome de Fowler: groupe spécifique diagnostiqué par électromyogramme du sphincter urétral, représentant un défi clinique majeur 4
- Échec de miction après retrait du cathéter malgré correction des causes réversibles 5
Suivi nécessaire
- Surveillance de la réponse au traitement 4
- Détection des complications (infections récurrentes, détérioration rénale) 4
- Contrôle des symptômes à long terme 4
- Mesures répétées du RPM pour évaluer l'amélioration 3
Piège à éviter: Ne pas assumer que la rétention chez la femme est due à une obstruction comme chez l'homme; la défaillance du détrusor est souvent le mécanisme primaire et nécessite une approche thérapeutique différente 4, 5