Mesures antipyrétiques physiques
Les méthodes physiques de refroidissement ne sont pas recommandées pour le traitement de la fièvre chez les enfants ou les adultes, car elles causent de l'inconfort sans bénéfice clinique significatif et doivent être évitées en pratique courante. 1, 2
Pourquoi éviter les méthodes physiques
Les méthodes physiques de refroidissement (bains tièdes, épongeage, ventilation) présentent plusieurs problèmes majeurs:
- Elles provoquent un inconfort important incluant des frissons et de la chair de poule, particulièrement chez les enfants 3, 2
- Elles n'offrent aucun avantage clinique par rapport aux antipyrétiques seuls en termes de mortalité ou de résolution de la maladie 1, 2
- Elles compliquent inutilement la prise en charge sans améliorer le confort du patient 1, 4
Approche recommandée selon les lignes directrices
Traitement de première ligne
- Utilisez le paracétamol (acétaminophène) comme antipyrétique de premier choix pour traiter les symptômes associés à la fièvre, pas uniquement pour réduire la température 1, 2
- Concentrez-vous sur le confort global du patient plutôt que sur la normalisation de la température corporelle 4, 1
- Maintenez une hydratation adéquate (maximum 2 litres par jour) pour éviter la déshydratation 1, 5
Quand considérer les méthodes physiques (situations exceptionnelles)
Les méthodes de refroidissement physique peuvent être envisagées uniquement dans ces contextes très spécifiques:
- Fièvres réfractaires aux antipyrétiques chez les patients gravement malades en soins intensifs 1, 2
- Patients sédatés ou paralysés qui ne peuvent pas frissonner, réduisant ainsi l'inconfort 6
- Comme thérapie adjuvante chez les patients neurologiques critiques (AVC), bien que les preuves soient limitées 5
Pièges courants à éviter
- Ne traitez jamais la fièvre uniquement pour normaliser le thermomètre - traitez les symptômes et l'inconfort du patient 1, 2
- N'utilisez pas l'épongeage tiède chez les enfants - cela augmente l'inconfort sans bénéfice (RR d'effets indésirables = 5.09) 3, 2
- Ne retirez pas excessivement les vêtements ou n'utilisez pas de ventilateurs - ces méthodes sont inefficaces et inconfortables 7, 2
- N'utilisez jamais d'eau glacée ou de bains froids - cela provoque des frissons intenses et augmente la production de chaleur 8, 6
Populations spéciales
Enfants avec convulsions fébriles
- Les antipyrétiques ne préviennent pas les récidives de convulsions fébriles 5
- Concentrez le traitement sur le confort, pas sur la prévention des convulsions 2
- Les méthodes physiques causent de l'inconfort sans bénéfice préventif 2
Patients en soins intensifs
- Évitez l'utilisation systématique d'antipyrétiques uniquement pour réduire la température (méta-analyse de 13 ECR, n=1963: aucun effet sur la mortalité à 28 jours, RR 1.03) 1, 2
- Si le patient valorise le confort par la réduction de température, privilégiez les médicaments antipyrétiques plutôt que les méthodes physiques 1, 2
Patients post-AVC
- Le traitement précoce de la fièvre avec antipyrétiques peut être considéré basé sur des preuves circonstancielles 2, 5
- Les méthodes de refroidissement physique peuvent être envisagées comme thérapie adjuvante, mais les preuves d'ECR sont insuffisantes 5
Algorithme de décision pratique
- Évaluez le confort et les symptômes du patient, pas seulement la température
- Si inconfort ou symptômes gênants: donnez du paracétamol 1, 2
- Assurez une hydratation adéquate 1
- N'utilisez PAS de méthodes physiques en routine 2, 7
- Seulement en soins intensifs avec fièvre réfractaire ET patient sédatif: envisagez le refroidissement physique comme adjuvant 1, 6
La recherche démontre clairement que l'épongeage tiède combiné aux antipyrétiques réduit la température légèrement plus rapidement, mais au prix d'un inconfort significativement accru sans amélioration des résultats cliniques 3, 6. Cette approche doit donc être abandonnée en pratique courante 2.