Dosage annuel de DHEA-S et androstènedione dans le SOPK
Il n'existe aucune indication pour effectuer un dosage annuel de DHEA-S et d'androstènedione chez une patiente avec un diagnostic établi de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
Rôle diagnostique uniquement
Les dosages de DHEA-S et d'androstènedione sont des tests diagnostiques de deuxième ligne, non des tests de suivi :
- La DHEA-S et l'androstènedione servent uniquement au diagnostic initial lorsque la testostérone totale ou libre est normale mais que la suspicion clinique d'hyperandrogénie reste élevée 1, 2
- L'androstènedione démontre une sensibilité de 75% et une spécificité de 71% pour le diagnostic, tandis que la DHEA-S montre une sensibilité de 75% et une spécificité de 67% - des performances inférieures à la testostérone totale (sensibilité 74%, spécificité 86%) 3
- Ces marqueurs ont une précision diagnostique inférieure comparés à la testostérone totale et libre, avec des aires sous la courbe (AUC) de 0.80 pour l'androstènedione et 0.77 pour la DHEA-S, versus 0.87 pour la testostérone totale 3
Absence de recommandations pour le suivi
Aucune directive internationale ne recommande le dosage répété de ces androgènes après le diagnostic :
- Les lignes directrices de l'American College of Obstetricians and Gynecologists recommandent la testostérone totale ou libre comme tests de première ligne, avec l'androstènedione et la DHEA-S réservés uniquement comme tests d'appoint lors du bilan diagnostique initial 1, 2
- Les critères de Rotterdam pour le diagnostic du SOPK nécessitent seulement deux des trois critères suivants : dysovulation, hyperandrogénie clinique ou biochimique, et morphologie ovarienne polykystique - une fois le diagnostic établi, la répétition des dosages androgéniques n'est pas indiquée 1, 2
Situations cliniques spécifiques nécessitant un dosage
Le dosage de DHEA-S peut être justifié dans des circonstances particulières, mais pas de façon annuelle systématique :
- Éliminer une hyperplasie congénitale des surrénales non classique si la DHEA-S est très élevée lors du bilan initial (>10.0 nmol/L pour l'androstènedione suggère une tumeur surrénalienne ou ovarienne) 1
- Suspicion de tumeur sécrétant des androgènes en cas d'apparition rapide de symptômes, hirsutisme sévère, ou taux de testostérone très élevés 1
- Évaluation d'une production surrénalienne excessive si les symptômes cliniques s'aggravent de façon inexpliquée malgré un traitement approprié 4, 5
Surveillance métabolique recommandée
Au lieu de doser annuellement les androgènes surrénaliens, la surveillance doit se concentrer sur les complications métaboliques :
- Test de tolérance au glucose oral de 2 heures avec charge de 75g pour dépister l'intolérance au glucose et le diabète de type 2 1
- Bilan lipidique à jeun incluant cholestérol total, LDL, HDL et triglycérides 1
- Calcul de l'indice de masse corporelle (IMC) et mesure du rapport taille-hanche pour identifier l'obésité centrale 1
- Ces paramètres métaboliques ont un impact direct sur la morbidité et la mortalité, contrairement aux taux d'androgènes qui reflètent simplement la physiopathologie sous-jacente 6
Pièges à éviter
- Ne pas confondre les tests diagnostiques avec les tests de suivi - l'androstènedione et la DHEA-S n'ont aucun rôle dans le monitoring thérapeutique 2
- La recherche montre que la capacité de production d'androgènes surrénaliens reste élevée jusqu'à la ménopause chez les femmes atteintes de SOPK, mais cette observation n'implique pas la nécessité d'un dosage répété 4
- 30% des femmes avec SOPK confirmé ont une testostérone normale, ce qui souligne que le diagnostic repose sur des critères cliniques et échographiques, pas uniquement sur les dosages hormonaux 1