Sevrage de la Duloxétine
Recommandation Principale
La duloxétine doit être arrêtée progressivement sur une période d'au moins 2 semaines, et non brutalement, pour minimiser les symptômes de sevrage qui surviennent chez 44% des patients lors d'un arrêt abrupt. 1, 2
Protocole de Sevrage Recommandé
Réduction Graduelle Obligatoire
- Réduire la dose progressivement sur une période minimale de 2 semaines avant l'arrêt complet de la duloxétine 1, 2
- Pour les patients prenant 60 mg/jour, commencer par réduire à 30 mg/jour pendant 1-2 semaines, puis arrêter 1
- Pour les doses plus élevées (120 mg/jour), effectuer des réductions par paliers de 30 mg toutes les 1-2 semaines 2
- Ne jamais utiliser un schéma de dosage en jours alternés (un jour sur deux), car cette approche provoque des variations importantes de l'occupation des récepteurs et augmente considérablement le risque de symptômes de sevrage 3
Durée du Sevrage
- Un sevrage de plusieurs semaines à plusieurs mois peut être nécessaire pour certains patients, particulièrement ceux sous traitement prolongé 4, 5
- Les patients ayant pris de la duloxétine pendant plus de 8-9 semaines ne présentent pas d'augmentation de l'incidence des symptômes de sevrage, mais nécessitent toujours un sevrage progressif 2
Symptômes de Sevrage à Surveiller
Symptômes Fréquents
- Étourdissements (12,4% des patients) - symptôme le plus fréquent 2
- Nausées (5,9%), céphalées (5,3%), paresthésies (2,9%) 2
- Vomissements (2,4%), irritabilité (2,4%), cauchemars (2,0%) 2
- Symptômes pseudo-grippaux: fatigue, léthargie, myalgies, frissons 6
- Troubles du sommeil, anxiété, agitation, pleurs 6
Évolution Temporelle
- La majorité des symptômes de sevrage (65%) se résolvent dans les 7 jours suivant leur apparition 2
- 45,1% de tous les symptômes de sevrage se sont résolus à la fin des études cliniques 2
- La plupart des patients évaluent la sévérité de leurs symptômes comme légère à modérée 2
Gestion des Symptômes de Sevrage
Si Symptômes Légers
- Rassurer le patient que les symptômes sont généralement transitoires et auto-limités 6
- Continuer le sevrage progressif selon le plan établi 5
Si Symptômes Sévères ou Intolérables
- Réinstaurer immédiatement la dose précédente de duloxétine 6, 5
- Ralentir davantage le rythme de réduction (par exemple, réduire de 10-25% de la dose actuelle toutes les 2-4 semaines au lieu de chaque semaine) 4, 5
- Maintenir chaque palier de dose plus longtemps avant la prochaine réduction 5
Stratégies Complémentaires
Support Psychologique
- La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pendant le sevrage augmente significativement les taux de réussite 7, 5
- L'éducation du patient sur les symptômes de sevrage attendus améliore l'adhésion et les résultats 5
- Fournir un soutien et une réassurance tout au long du processus de sevrage 6, 5
Suivi Clinique
- Prévoir des consultations au moins mensuelles pendant le sevrage, avec des contacts plus fréquents pendant les phases difficiles 8
- Surveiller les symptômes de sevrage, les signes de rechute dépressive, et l'anxiété 8
- Distinguer soigneusement les symptômes de sevrage d'une rechute de la dépression 7
Pièges à Éviter
Erreurs Courantes
- Ne jamais arrêter la duloxétine brutalement - cela provoque des symptômes de sevrage chez 44,3% des patients comparé à 22,9% avec placebo 2
- Ne pas confondre les symptômes de sevrage avec une rechute de la dépression ou une maladie physique, ce qui pourrait mener à des tests et traitements inutiles 6
- Éviter les schémas de dosage en jours alternés qui créent des fluctuations importantes et augmentent le risque de sevrage 3
- Ne pas abandonner le patient si le sevrage échoue - maintenir la relation thérapeutique et envisager un traitement d'entretien 8
Facteurs de Risque Accrus
- Les doses plus élevées (120 mg/jour) sont associées à une proportion plus élevée de patients rapportant des symptômes de sevrage 2
- Les patients prenant entre 40 et 120 mg/jour présentent une incidence de symptômes de sevrage significativement différente du placebo 2
Considérations Spéciales
Populations Particulières
- Pour les patients diabétiques avec neuropathie périphérique, considérer que la duloxétine est le seul traitement recommandé pour cette condition - peser soigneusement les bénéfices de l'arrêt 4
- Chez les patients avec insuffisance rénale sévère (DFG <30 mL/min) ou maladie hépatique chronique, éviter l'utilisation de la duloxétine dès le départ 1