Tests pour différencier le diabète de type 1 et de type 2
Le dosage des auto-anticorps des îlots pancréatiques (GADA, IA-2A, IAA, ZnT8A) constitue le test de laboratoire le plus utile pour différencier le diabète de type 1 du type 2, particulièrement lorsque la présentation clinique est ambiguë. 1, 2, 3
Tests diagnostiques recommandés
Auto-anticorps des îlots pancréatiques (test principal)
- Commencez par le dosage des anticorps anti-GAD (glutamic acid decarboxylase), car c'est le marqueur le plus fréquemment positif dans les deux types de diabète 3
- Si le GAD est négatif, procédez au dosage des anticorps IA-2 (insulinoma-associated antigen-2) et ZnT8 (zinc transporter 8) lorsque disponibles 1, 3
- Chez les patients non encore traités par insuline, les anticorps anti-insuline (IAA) peuvent également être utiles 3
- La présence de deux auto-anticorps ou plus prédit fortement le diabète de type 1 (risque de 70% dans les 10 ans), tandis qu'un seul anticorps positif a une valeur prédictive plus faible (15% dans les 10 ans) 1, 3
Peptide C (test complémentaire)
- Le dosage du peptide C évalue la capacité de production endogène d'insuline : des niveaux bas indiquent typiquement un diabète de type 1, tandis que des niveaux élevés suggèrent un type 2 2, 3
- Pour des résultats précis, mesurez le peptide C à jeun lorsque la glycémie simultanée est ≤220 mg/dL (12,5 mmol/L) 2
- Interprétation : <200 pmol/L (<0,6 ng/mL) indique un type 1 ; 200-600 pmol/L (0,6-1,8 ng/mL) est indéterminé ; >600 pmol/L (>1,8 ng/mL) indique un type 2 3
- Le peptide C est principalement indiqué lorsque le patient est déjà sous insulinothérapie et que vous devez évaluer la fonction résiduelle des cellules bêta 3
Quand effectuer ces tests
Situations cliniques nécessitant un dosage d'auto-anticorps
- Adultes avec chevauchement phénotypique entre type 1 et type 2 : âge jeune au diagnostic (<35 ans), perte de poids involontaire, acidocétose, ou progression rapide vers l'insulinodépendance 1, 2, 3
- Enfants/adolescents obèses présentant une cétose ou acidocétose 2, 3
- Patients avec caractéristiques mixtes : présence simultanée de facteurs de risque des deux types 2, 3
Approche clinique AABBCC
L'American Diabetes Association recommande d'utiliser l'approche AABBCC pour compléter les tests de laboratoire, en considérant : Age, Auto-immunité, Body habitus (morphologie), Background (antécédents), Control (contrôle glycémique), et Comorbidités 2
Pièges à éviter et considérations importantes
Limitations des tests
- 5 à 10% des adultes avec un véritable diabète de type 1 sont négatifs pour les auto-anticorps, donc un panel négatif chez une personne de moins de 35 ans avec des caractéristiques classiques de type 1 ne change pas le diagnostic 3
- Les auto-anticorps peuvent ne pas être détectables chez tous les patients diabétiques de type 1 et tendent à diminuer avec l'âge 2
- Un diagnostic de diabète de type 1 n'exclut pas la présence de caractéristiques classiquement associées au type 2, comme la résistance à l'insuline ou l'obésité 2
Exigences de qualité du laboratoire
- Les tests d'auto-anticorps doivent être effectués uniquement dans des laboratoires accrédités avec des programmes de contrôle de qualité établis 1, 2, 3
- Le test A1C doit être réalisé selon une méthode certifiée NGSP et standardisée 1
Situations particulières
- Les patients diabétiques de type 2 peuvent occasionnellement présenter une acidocétose diabétique, particulièrement dans les minorités ethniques, ce qui peut conduire à une mauvaise classification 1, 3
- Chez les enfants diagnostiqués avant 6 mois, considérez le diabète néonatal et les tests génétiques plutôt que de supposer un type 1 3
- Chez les jeunes négatifs pour les anticorps avec hyperglycémie modeste (HbA1c <7,5% au diagnostic) et un parent diabétique, considérez le MODY (maturity-onset diabetes of the young) 3
Tests non recommandés en routine
- Le dosage de l'insuline ou de la proinsuline n'est pas recommandé pour les soins cliniques de routine et est principalement utile à des fins de recherche 2
- Les marqueurs génétiques de routine (comme les gènes HLA) n'ont aucune valeur actuellement pour le diagnostic ou la gestion des patients diabétiques de type 1, sauf pour des syndromes spécifiques 1