Le scanner cervical seul n'est PAS recommandé pour diagnostiquer la spondylarthrite ankylosante
La radiographie conventionnelle des articulations sacro-iliaques est l'examen d'imagerie initial recommandé pour le diagnostic de spondylarthrite ankylosante, suivie de l'IRM si la radiographie est négative mais que la suspicion clinique persiste. 1, 2 Le scanner cervical n'a pas de rôle établi dans le diagnostic initial de cette maladie.
Approche diagnostique recommandée
Imagerie de première ligne
Commencez par une radiographie conventionnelle des articulations sacro-iliaques pour rechercher des changements inflammatoires chroniques (érosions, sclérose, rétrécissement de l'espace articulaire, ankylose). 1, 2 C'est l'examen standard car la sacro-iliite est présente chez 70-80% des patients et constitue souvent la première manifestation de la maladie. 2
Si la radiographie des sacro-iliaques est négative mais la suspicion clinique reste élevée, procédez à une IRM des articulations sacro-iliaques (sensibilité et spécificité de 90%). 1, 2 L'IRM détecte l'inflammation active (œdème de la moelle osseuse) des années avant l'apparition de changements radiographiques. 2, 3
Rôle limité du scanner dans le diagnostic
Le scanner n'est pas recommandé comme modalité diagnostique de routine pour la spondylarthrite ankylosante. 1 Les lignes directrices EULAR mentionnent que le scanner peut fournir des informations supplémentaires sur les dommages structurels uniquement si la radiographie conventionnelle est négative ET que l'IRM ne peut pas être réalisée. 1
Quand utiliser l'imagerie cervicale
L'imagerie du rachis cervical (radiographie conventionnelle, pas scanner) a un rôle spécifique mais uniquement chez les patients avec spondylarthrite ankylosante déjà établie, pas pour le diagnostic initial:
Pour détecter les syndesmophytes chez les patients avec spondylarthrite ankylosante radiographique établie, car leur présence prédit le développement de nouveaux syndesmophytes. 1, 4 Tous les études démontrent que les changements radiographiques de base prédisent la progression radiographique. 1, 4
Pour la surveillance à long terme des dommages structurels, particulièrement la néoformation osseuse, avec un intervalle recommandé d'au moins 2 ans entre les examens. 1, 4
En cas de suspicion de fracture chez un patient avec ankylose spinale, où la radiographie conventionnelle est l'examen initial, suivie du scanner si la radiographie est négative. 1, 4
Pièges à éviter
Ne pas confondre diagnostic et surveillance: Le rachis cervical est évalué pour la surveillance de la maladie établie, pas pour le diagnostic initial. 4 Le diagnostic repose sur la démonstration de sacro-iliite. 1, 2
Ne pas utiliser le scanner comme substitut à l'IRM: Bien que le scanner détecte mieux les changements structurels chroniques, l'IRM est supérieure pour détecter l'inflammation active précoce, qui est cruciale pour le diagnostic précoce. 2, 3
Reconnaître que l'œdème de la moelle osseuse peut survenir chez 23% des individus sans spondylarthropathie, particulièrement dans les zones de stress mécanique, donc corréler les résultats avec la présentation clinique. 5
Algorithme diagnostique pratique
Évaluation clinique: Rechercher une douleur inflammatoire du dos (début avant 45 ans, durée >3 mois, raideur matinale prolongée, amélioration avec l'exercice, douleur nocturne). 2
Test HLA-B27: Le test de laboratoire le plus utile (sensibilité 90%, spécificité 90%). 2
Radiographie des sacro-iliaques: Examen d'imagerie initial obligatoire. 1, 2
IRM des sacro-iliaques: Si radiographie négative mais suspicion clinique persistante. 1, 2 Les séquences STIR sont généralement suffisantes sans produit de contraste. 1, 2
Radiographie du rachis (lombaire et cervical): Uniquement après diagnostic établi, pour détecter les syndesmophytes et prédire la progression. 1, 4
Le scanner cervical isolé n'apparaît nulle part dans cet algorithme diagnostique standard et ne devrait pas être utilisé pour établir le diagnostic de spondylarthrite ankylosante. 1