Bilan des causes secondaires d'ostéoporose chez un homme de 56 ans
Chez un homme de 56 ans avec ostéoporose, un bilan biologique de première ligne comprenant une numération formule sanguine complète, un bilan métabolique complet, et un dosage de la 25-hydroxyvitamine D doit être systématiquement réalisé, car ces tests combinés ont une sensibilité de 92% pour détecter les causes secondaires. 1, 2
Tests de laboratoire de première ligne
Les examens biologiques essentiels à demander incluent :
Numération formule sanguine complète : pour identifier les causes sous-jacentes traitables, sachant que jusqu'à 50% des cas d'ostéoporose masculine ont une étiologie secondaire 2
Bilan métabolique complet : incluant la calcémie et la phosphatémie pour évaluer le métabolisme osseux et identifier les anomalies 1, 2
25-hydroxyvitamine D : le déficit est présent chez 32-85% des patients ostéoporotiques et peut causer une ostéomalacie 2
Créatinine sérique : pour évaluer la fonction rénale avant d'initier certains traitements 2
Phosphatase alcaline : pour évaluer le remodelage osseux, significativement plus élevée chez les hommes avec ostéoporose 2
Hormone parathyroïdienne (PTH) : pour détecter l'hyperparathyroïdie secondaire 1, 3
Évaluation hormonale spécifique chez l'homme
Chez un homme de 56 ans, l'évaluation hormonale est particulièrement importante car l'hypogonadisme représente l'une des causes secondaires les plus fréquentes (40-60% des cas) 4 :
Testostérone totale et libre : pour identifier l'hypogonadisme, cause fréquente d'ostéoporose masculine 2
SHBG (sex hormone-binding globulin) : pour calculer la testostérone libre si les valeurs sont limites 2
TSH (thyroid-stimulating hormone) : pour exclure l'hyperthyroïdie qui peut accélérer la perte osseuse 2, 3
Tests complémentaires selon la suspicion clinique
Des examens additionnels peuvent être nécessaires selon l'anamnèse et l'examen physique 1, 3 :
Marqueurs inflammatoires : si suspicion de polyarthrite rhumatoïde ou autre pathologie inflammatoire 1
Tests de fonction hépatique : en cas de suspicion de maladie hépatique chronique 1
Électrophorèse des protéines sériques : si suspicion de myélome multiple, particulièrement chez les hommes avec densité minérale osseuse très basse 1
Causes secondaires les plus fréquentes chez l'homme
Les causes secondaires à rechercher prioritairement chez un homme de 56 ans incluent 4, 1 :
Hypogonadisme : cause la plus fréquente avec l'alcoolisme et l'exposition aux glucocorticoïdes (40-60% des cas) 4
Exposition aux glucocorticoïdes : durée >3 mois, dose et pattern d'utilisation à documenter 1, 3
Alcoolisme chronique : à rechercher systématiquement dans l'anamnèse 4
Troubles gastro-intestinaux : malabsorption, maladie cœliaque, maladie inflammatoire intestinale 1
Insuffisance rénale chronique : d'où l'importance du dosage de la créatinine 1, 2
Imagerie complémentaire
Au-delà des tests biologiques, l'évaluation doit inclure 3, 5 :
Radiographies latérales du rachis thoracique et lombaire : pour identifier les fractures vertébrales qui peuvent être asymptomatiques 3, 5
DXA (absorptiométrie biphotonique) : déjà réalisée pour le diagnostic, mais à répéter tous les 2-3 ans si non traité 3
Contexte clinique important
La prévalence des causes secondaires chez les hommes avec ostéoporose est de 44-90%, ce qui justifie cette approche systématique 1, 3. Les hommes avec troubles métaboliques associés à l'ostéoporose secondaire ont un risque 2-3 fois plus élevé de fractures de hanche et vertébrales 4. À 56 ans, cet homme est dans la tranche d'âge où l'identification et le traitement des causes secondaires peuvent significativement réduire la morbidité et la mortalité liées aux fractures.
Anomalies biologiques évocatrices d'ostéomalacie
En cas de déficit sévère en vitamine D, rechercher 4 :
- Calcium et phosphore bas
- 25(OH)D bas
- Phosphatase alcaline et PTH élevées
- Symptômes cliniques : douleurs osseuses, faiblesse musculaire, raideur