Suivi des polypes de la vésicule biliaire
Le suivi des polypes de la vésicule biliaire dépend principalement de leur taille et de leur morphologie, avec une stratification en trois catégories de risque : les polypes ≤6 mm ne nécessitent aucun suivi, les polypes de 7-9 mm nécessitent une échographie à 12 mois, et les polypes de 10-14 mm nécessitent des échographies à 6,12,24 et 36 mois. 1
Algorithme de suivi selon la taille et la morphologie
Polypes à risque extrêmement faible (pédonculés avec tige fine)
- ≤9 mm : Aucun suivi nécessaire 1
- 10-14 mm : Échographies à 6,12 et 24 mois 1
- ≥15 mm : Consultation chirurgicale 1
Les polypes pédonculés avec une tige fine ont un aspect caractéristique de "balle sur le mur" et présentent un risque de malignité minimal. 2
Polypes à faible risque (sessiles ou pédonculés avec tige épaisse)
- ≤6 mm : Aucun suivi nécessaire 1
- 7-9 mm : Échographie à 12 mois 1
- 10-14 mm : Échographies à 6,12,24 et 36 mois 1
- ≥15 mm : Consultation chirurgicale 1
Les polypes sessiles (à base large) sont associés à un risque de malignité plus élevé que les polypes pédonculés. 1, 2
Critères déclenchant une consultation chirurgicale
Croissance rapide
Une augmentation de ≥4 mm sur une période de 12 mois constitue une croissance rapide et nécessite une consultation chirurgicale immédiate, indépendamment de la taille absolue du polype. 1, 2 Cette recommandation est basée sur des rapports anecdotiques de polypes passant de 7 à 16 mm en 6 mois et développant une malignité. 2
Les lignes directrices européennes suggèrent une croissance de ≥2 mm comme seuil alternatif, mais le consensus américain plus récent privilégie le seuil de 4 mm. 3, 1
Seuil de taille
Tout polype atteignant 15 mm ou plus nécessite une consultation chirurgicale, car la taille ≥15 mm est un facteur de risque indépendant de lésion néoplasique. 1, 2
Durée maximale du suivi
Le suivi doit être limité à 2-3 ans maximum pour les polypes stables. 2 Cette recommandation repose sur des données montrant que 68% des cancers de la vésicule biliaire associés aux polypes sont détectés dans la première année après la détection initiale. 2 Après 4 ans de suivi, seulement un cancer a été trouvé dans 137 633 personnes-années de surveillance. 2
Si le polype disparaît pendant le suivi (ce qui se produit dans jusqu'à 34% des cas), la surveillance peut être interrompue. 2, 3
Populations à risque particulier
Cholangite sclérosante primitive (CSP)
Les patients atteints de CSP présentent un risque de malignité dramatiquement élevé (18-50%) et nécessitent un seuil d'intervention plus bas. 2 Envisager une cholécystectomie pour les polypes ≥8 mm chez les patients atteints de CSP. 2
Autres facteurs de risque
Les lignes directrices européennes identifient des facteurs de risque supplémentaires justifiant une cholécystectomie pour les polypes de 6-9 mm : 3
- Âge >60 ans
- Ethnie asiatique
- Épaississement focal de la paroi de la vésicule biliaire >4 mm
Pièges courants à éviter
Distinguer les vrais polypes de la boue tuméfactive : La boue est mobile et se stratifie, tandis que les vrais polypes sont fixes, non mobiles et ne produisent pas d'ombre acoustique. 2 L'échographie Doppler peut confirmer la vascularité interne d'un vrai polype. 2
Fluctuation naturelle de taille : Une variation de 2-3 mm est attendue dans l'histoire naturelle des polypes, et près de la moitié des polypes augmentent ou diminuent de taille naturellement, ce qui ne doit pas déclencher d'intervention inutile. 2
Surdiagnostic : 60% des polypes vus à l'échographie ne sont pas identifiés lors de la cholécystectomie subséquente, et pour les polypes ≤5 mm, aucun polype n'est trouvé à la cholécystectomie dans jusqu'à 83% des patients. 4 La plupart des polypes (61-69%) sont des polypes de cholestérol bénins avec un risque de malignité négligeable. 2