Pourquoi un oncologue demande ces examens de laboratoire
Un oncologue prescrit cette batterie complète d'examens biologiques pour évaluer l'état général du patient, détecter les complications liées au cancer, établir un bilan pré-thérapeutique indispensable, et surveiller la toxicité potentielle des traitements anticancéreux.
Évaluation de l'état général et du statut fonctionnel
- La NFS et les plaquettes permettent de détecter l'anémie (fréquente en oncologie), les cytopénies induites par la chimiothérapie ou l'envahissement médullaire, et d'évaluer le risque hémorragique avant tout traitement 1
- L'albumine et la CRP reflètent l'état nutritionnel et inflammatoire du patient, des facteurs pronostiques majeurs qui influencent la tolérance aux traitements et la survie 1
- Ces paramètres déterminent si le patient a un statut fonctionnel suffisant (ECOG 0-2) pour tolérer la chimiothérapie 2
Évaluation de la fonction rénale avant traitement
- Le ionogramme, la créatinine et la clairance sont essentiels car de nombreux agents anticancéreux sont néphrotoxiques (cisplatine, méthotrexate, ifosfamide) et nécessitent une adaptation posologique selon la fonction rénale 1
- L'insuffisance rénale peut être causée directement par le cancer (obstruction, infiltration) ou par l'hypercalcémie paranéoplasique 1
- Une clairance inadéquate contre-indique ou nécessite l'ajustement de nombreuses chimiothérapies pour éviter une toxicité mortelle
Évaluation de la fonction hépatique
- Les transaminases (ASAT, ALAT), les phosphatases alcalines, les gamma-GT et la bilirubine évaluent la fonction hépatique avant l'administration de chimiothérapies métabolisées par le foie 1
- Ces examens détectent les métastases hépatiques, l'envahissement tumoral direct, ou les syndromes paranéoplasiques 1
- Une insuffisance hépatique nécessite une réduction des doses de nombreux agents anticancéreux (anthracyclines, taxanes, alcaloïdes de la pervenche) pour prévenir une toxicité fatale
- La bilirubine libre versus conjuguée aide à différencier une hémolyse d'une cholestase
Évaluation de l'hémostase
- Le TP et le TCA évaluent le risque hémorragique avant biopsie, chirurgie ou pose de cathéter central 1
- Ces tests détectent les coagulopathies paranéoplasiques (CIVD dans les leucémies aiguës, déficit en facteurs de coagulation dans les hépatopathies tumorales)
- Un TP bas contre-indique les procédures invasives jusqu'à correction
Planification thérapeutique et timing
- Ces examens doivent être disponibles rapidement car les délais dans l'initiation du traitement sont associés à une mortalité accrue 3
- L'American Society of Clinical Oncology recommande d'initier la chimiothérapie adjuvante dans les 3-8 semaines après la chirurgie pour maximiser la survie 2
- Les résultats biologiques déterminent si le traitement peut débuter immédiatement ou nécessite une optimisation préalable (transfusion, correction des troubles métaboliques, support nutritionnel)
Surveillance de la toxicité et complications
- Ces examens servent de valeurs de référence pour surveiller la toxicité hématologique, rénale et hépatique pendant le traitement 1
- L'hypercalcémie maligne nécessite un diagnostic et un traitement agressifs pour prévenir l'insuffisance rénale 1
- Les anomalies biologiques peuvent révéler des syndromes paranéoplasiques nécessitant une prise en charge spécifique
Pièges à éviter
- Ne jamais retarder un traitement urgent pour des anomalies biologiques mineures corrigibles
- L'hypercalcémie chez un patient cancéreux est une urgence oncologique nécessitant une hydratation et un traitement immédiat 1
- Les cytopénies sévères peuvent nécessiter un support transfusionnel ou l'utilisation de facteurs de croissance avant la chimiothérapie
- Une insuffisance rénale ou hépatique non détectée peut entraîner une toxicité fatale des agents anticancéreux