Oui, une infection urinaire peut causer des douleurs lombaires
Une infection urinaire peut effectivement provoquer des douleurs lombaires, mais cela indique spécifiquement une pyélonéphrite (infection du rein) plutôt qu'une simple cystite (infection de la vessie). 1, 2
Distinction cruciale entre cystite et pyélonéphrite
Cystite (infection basse)
- Se manifeste par dysurie, fréquence urinaire, urgence et douleur sus-pubienne 3, 4
- N'entraîne PAS de douleurs lombaires ni de fièvre 4, 5
- Reste localisée à la vessie 6, 5
Pyélonéphrite (infection haute)
- La douleur de l'angle costo-vertébral (flanc/lombes) est quasi-universelle et distingue la pyélonéphrite des infections basses 2
- S'accompagne de fièvre >38°C dans la grande majorité des cas 1, 2, 7
- Présente des symptômes systémiques comme nausées et vomissements 2, 7
- Peut inclure ou non des symptômes de cystite associés 1, 7
Mécanisme physiopathologique
Les bactéries remontent de l'urètre vers la vessie, puis peuvent progresser vers les reins par voie ascendante 5, 8. Lorsque l'infection atteint le parenchyme rénal et le bassinet, elle provoque une inflammation qui se traduit par la douleur lombaire caractéristique 1, 4.
Piège clinique important
Une "cystite" récidivante dans les 4 semaines suivant un traitement peut signaler une pyélonéphrite subclinique "silencieuse" 6. Dans ce cas, un traitement antibiotique de 14 jours (plutôt que 3 jours) est nécessaire 6. Si les symptômes persistent avec le même organisme après ce traitement, une pyélonéphrite subclinique est présumée et un traitement prolongé de 6 semaines devient nécessaire 6.
Quand suspecter une pyélonéphrite
Recherchez spécifiquement :
- Fièvre ≥38°C 1, 7
- Douleur au flanc ou sensibilité à l'angle costo-vertébral 2, 7
- Nausées/vomissements 2, 7
- Présence ou absence de symptômes urinaires bas (dysurie peut être absente dans 20% des cas) 2
Évaluation diagnostique
- L'analyse d'urine montrant pyurie et/ou bactériurie confirme le diagnostic 2, 7
- Une culture d'urine avec antibiogramme est obligatoire dans tous les cas suspects de pyélonéphrite 1, 2, 7
- Les hémocultures sont recommandées si le patient paraît gravement malade ou présente une fièvre élevée 1, 7
Attention aux diagnostics différentiels
D'autres pathologies peuvent mimer une infection urinaire avec douleurs lombaires 3 :
- Lithiase rénale avec pyélonéphrite obstructive (surtout si antécédents de calculs) 7
- Pancréatite, néphrolithiase ou anévrisme aortique 3
- Appendicite rétro-caecale (douleur flanc droit) 7
En résumé : des douleurs lombaires associées à des symptômes urinaires signalent une pyélonéphrite jusqu'à preuve du contraire et nécessitent une évaluation et un traitement plus agressifs qu'une simple cystite. 1, 2, 4