Prise en charge d'une thrombocytose à 354 G/L dans le contexte d'une infection urinaire avec sonde JJ colonisée
La thrombocytose à 354 G/L dans ce contexte représente très probablement une thrombocytose réactionnelle secondaire à l'infection urinaire et doit vous alerter sur la possibilité d'une obstruction urinaire ou d'un abcès périnéphrétique, nécessitant une imagerie en coupes (échographie ou TDM abdominale) pour exclure ces complications. 1
Signification clinique de la thrombocytose
La thrombocytose chez un patient avec infection urinaire haute n'est pas un phénomène aléatoire - elle constitue un marqueur d'obstruction rénale ou d'abcès périnéphrétique avec une valeur prédictive positive de 71%. 1
Dans une étude portant sur 83 patients avec infection urinaire haute et thrombocytose (plaquettes >500 G/L), 65% présentaient une obstruction rénale versus seulement 18% dans le groupe contrôle sans thrombocytose (p<0,00001). 1
Un abcès périnéphrétique était présent chez 8% des patients avec thrombocytose versus 0% sans thrombocytose (p<0,003). 1
Point crucial : dans 31% des cas, la thrombocytose précédait le diagnostic de la complication de 3 jours en médiane, servant ainsi de marqueur précoce. 1
Évaluation diagnostique immédiate requise
Vous devez activement rechercher une obstruction ou un abcès en réalisant une imagerie en coupes (échographie abdominale ou TDM) dès maintenant. 1
Obtenez une culture d'urine avant d'initier l'antibiothérapie en raison du large spectre d'organismes potentiellement infectants et de la probabilité accrue de résistance dans les infections associées aux cathéters. 2
Les infections urinaires associées aux cathéters sont fréquemment causées par des organismes avec des taux de résistance plus élevés, incluant E. coli, Proteus spp., Klebsiella spp., Pseudomonas spp., Serratia spp., et Enterococcus spp. 2
Gestion de la sonde JJ colonisée
Remplacez la sonde JJ si elle est en place depuis ≥2 semaines pour accélérer la résolution des symptômes et réduire le risque d'infection subséquente. 2
La durée de cathétérisation est le facteur de risque le plus important pour le développement d'une infection urinaire associée au cathéter, car un biofilm se forme ultimement sur tous ces dispositifs. 3, 4
Retirez ou remplacez la sonde dès que cliniquement approprié, car cette intervention constitue la mesure préventive la plus importante. 5, 2
Antibiothérapie empirique recommandée
Initiez une céphalosporine de troisième génération par voie intraveineuse comme traitement empirique de première ligne pour cette infection urinaire compliquée associée au cathéter. 2
Options alternatives de première ligne :
Ajustement selon les résultats de culture :
- Adaptez l'antibiothérapie selon les résultats de culture et l'antibiogramme une fois disponibles. 2
- Les patterns de résistance antimicrobienne locaux doivent guider le choix de la thérapie empirique. 2
Durée du traitement
Traitez pendant 7 jours si les symptômes se résolvent rapidement. 2
Prolongez le traitement à 10-14 jours pour les patients avec réponse retardée. 2
Considérez 14 jours de traitement chez les hommes lorsqu'une prostatite ne peut être exclue. 2
Pièges à éviter
Ne traitez pas la bactériurie asymptomatique - la présence de bactéries dans l'urine sans pyurie ou symptômes ne nécessite pas de traitement et conduit au surtraitement. 6
N'ignorez pas la thrombocytose comme un simple épiphénomène - elle exige une investigation active pour complications. 1
Les infections urinaires associées aux cathéters sont la source d'environ 20% des bactériémies nosocomiales dans les établissements de soins aigus. 2, 3
La thrombocytose réactionnelle peut rarement dépasser 1000 G/L dans le contexte d'infections urinaires avec obstruction, et des plaquettes très élevées peuvent être un signe précoce d'uropathie obstructive. 7
Surveillance et suivi
Surveillez étroitement l'évolution clinique et la numération plaquettaire qui devrait se normaliser progressivement avec le traitement de l'infection et la levée de l'obstruction si présente. 7, 1
Obtenez des hémocultures si signes de sepsis ou de bactériémie (fièvre, frissons, instabilité hémodynamique). 2