Faux positif probable au TEP-Scan dans le contexte d'une infection urinaire active
Un ganglion de 10 mm hypermétabolique adjacent à l'artère rénale droite détecté lors d'un TEP-Scan effectué pendant une infection urinaire active avec sonde JJ colonisée représente très probablement un faux positif et ne doit pas être interprété comme une récidive cancéreuse sans réévaluation après résolution complète de l'infection. 1
Mécanismes physiologiques expliquant le faux positif
L'inflammation infectieuse augmente massivement la captation du FDG, créant un risque très élevé de faux positifs au TEP-Scan lorsqu'une sonde urétérale est colonisée et que la leucocyturie dépasse 140 000 cellules/µL. La réponse inflammatoire amplifie le métabolisme du glucose au site d'infection, rendant difficile la différenciation entre infection et malignité. 1
Les neutrophiles et macrophages activés aux sites d'infection et d'inflammation présentent une forte avidité pour le FDG, contribuant davantage à la positivité fallacieuse du TEP. 1
Les infections urinaires associées aux sondes JJ provoquent une inflammation péri-urétérale et rénale significative qui peut s'étendre aux structures vasculaires adjacentes comme l'artère rénale et ses ganglions lymphatiques. 1
Performance diagnostique du TEP-Scan en contexte infectieux
La spécificité du TEP-Scan chute à des niveaux inacceptablement bas (aussi bas que 25%) en présence d'infections endémiques ou d'infections urinaires actives, ce qui rend l'interprétation extrêmement problématique. 1
Les ganglions lymphatiques réactifs à l'infection peuvent présenter des SUV élevés (typiquement 3-8), chevauchant les valeurs malignes. 1
Un ganglion de 10 mm avec SUV élevé se situe dans une zone grise où l'inflammation infectieuse et la malignité peuvent produire des valeurs similaires. 1
Algorithme de prise en charge recommandé
Étape 1 : Traitement complet de l'infection
Traiter complètement l'infection urinaire avec une antibiothérapie appropriée basée sur la culture d'urine et l'antibiogramme. 1, 2
Pour Morganella morganii et Enterococcus faecalis, le traitement devrait inclure la gentamicine en combinaison avec une céphalosporine de troisième génération ou un autre antibiotique selon les résultats de sensibilité. 3
Étape 2 : Délai avant réévaluation
Attendre au minimum 4-6 semaines après la résolution complète de l'infection avant de répéter le TEP-Scan pour permettre la normalisation de l'inflammation locale. 1, 2
De nombreux experts suggèrent un délai de ≥12 semaines post-traitement, certains protocoles permettant un examen plus précoce à 8 semaines. 2
S'abstenir d'exercice physique modéré à intense pendant 48-72 heures avant le prochain TEP-Scan. 1
Étape 3 : Imagerie complémentaire immédiate
Effectuer immédiatement une IRM abdomino-pelvienne avec contraste pour évaluer les caractéristiques morphologiques du ganglion sans les artéfacts inflammatoires du FDG. 1, 2
L'IRM avec séquences de diffusion (DWI) peut différencier les ganglions inflammatoires des ganglions malins avec une sensibilité de 61-94% et une spécificité de 90-99%. 1, 2
L'intégration de l'IRM avec le TEP-Scan FDG fournit la meilleure détection de récidive locorégionale, exploitant l'information métabolique du TEP et le contraste supérieur des tissus mous de l'IRM. 2
Critères de surveillance clinique
Documenter la taille exacte du ganglion sur l'imagerie anatomique (TDM ou IRM) pour permettre une comparaison objective lors du suivi. 1
Un ganglion de 10 mm se situe à la limite supérieure de la normale selon les critères de l'American College of Radiology, ce qui renforce la nécessité d'une réévaluation après traitement de l'infection. 1, 2
Confirmation histologique si persistance
Si un ganglion lymphatique métaboliquement actif persiste avec des caractéristiques TEP inchangées après résolution complète de l'infection et un intervalle de 4-6 semaines, une biopsie guidée par imagerie doit être envisagée. 1
Ne jamais baser un diagnostic de récidive cancéreuse uniquement sur des ganglions hypermétaboliques dans la région rétrocave dans le contexte d'une infection urinaire sévère. 2
Pièges à éviter
Ne jamais effectuer de TEP-Scan pendant qu'une infection urinaire ou une sonde JJ colonisée est présente, car les faux positifs sont extrêmement fréquents. 1, 2
Les changements inflammatoires post-thérapeutiques peuvent persister, maintenant une captation FDG élevée jusqu'à 2-3 semaines après chimiothérapie et 2-3 mois ou plus après radiothérapie. 1
La sensibilité du TEP-Scan pour les métastases ganglionnaires pelviennes n'est que de 57%, bien que la spécificité atteigne 92% en l'absence d'infection. 2