Traitement de l'hypomanie
Pour un patient présentant actuellement un épisode hypomaniaque dans le trouble bipolaire I ou II, débutez immédiatement un stabilisateur de l'humeur (lithium ou valproate) ou un antipsychotique atypique (aripiprazole, olanzapine, rispéridone, quétiapine) en monothérapie. 1, 2, 3
Options pharmacologiques de première ligne
Stabilisateurs de l'humeur
Le lithium est le seul agent approuvé par la FDA pour le trouble bipolaire chez les patients âgés de 12 ans et plus, avec des taux de réponse de 38 à 62 % dans la manie aiguë 1
Visez un taux sérique de 0,8 à 1,2 mEq/L pour le traitement aigu 1, 2
Le lithium démontre une efficacité supérieure pour la prévention à long terme des épisodes maniaques et dépressifs 1
Le valproate montre des taux de réponse plus élevés (53 %) comparé au lithium (38 %) chez les enfants et adolescents avec manie et épisodes mixtes 1
Le valproate est particulièrement efficace pour l'irritabilité, l'agitation et les comportements agressifs 1
Antipsychotiques atypiques
- L'aripiprazole, l'olanzapine, la rispéridone, la quétiapine et le ziprasidone sont approuvés pour la manie aiguë chez les adultes 1, 3, 4
- Ces agents peuvent fournir un contrôle des symptômes plus rapide que les stabilisateurs de l'humeur seuls 1
- L'aripiprazole (5 à 15 mg/jour) offre un profil métabolique favorable 1, 2
- L'olanzapine (10 à 20 mg/jour) et la rispéridone (2 à 6 mg/jour) sont également efficaces 2, 4
Algorithme de traitement
Étape 1 : Évaluation initiale et traitement immédiat
- Débutez le traitement immédiatement sans attendre les résultats de laboratoire 2
- Pour l'hypomanie légère à modérée : commencez par la monothérapie avec lithium, valproate ou un antipsychotique atypique 1, 2, 3
- Pour l'hypomanie sévère ou avec caractéristiques psychotiques : envisagez une thérapie combinée (stabilisateur de l'humeur + antipsychotique atypique) 1, 2
Étape 2 : Bilan de base (à commander immédiatement)
- Formule sanguine complète
- Tests de fonction thyroïdienne (TSH, T4 libre)
- Analyse d'urine
- Fonction rénale (urée, créatinine)
- Calcium sérique
- Test de grossesse (pour les femmes)
- Tests de fonction hépatique
- Formule sanguine complète avec plaquettes
- Test de grossesse (pour les femmes)
Pour les antipsychotiques atypiques 1, 2 :
- IMC et tour de taille
- Pression artérielle
- Glycémie à jeun
- Bilan lipidique à jeun
Étape 3 : Surveillance de la phase aiguë
- Taux de lithium : vérifier après 5 jours à dose stable 2
- Taux de valproate : vérifier après 5 à 7 jours à dose stable 2
- Évaluer la réponse clinique hebdomadairement pendant le premier mois 2
- Surveiller les paramètres métaboliques (poids, pression artérielle) hebdomadairement pendant les 6 premières semaines avec les antipsychotiques 2
Étape 4 : Durée d'essai adéquate
- Exiger 6 à 8 semaines à doses thérapeutiques avant de conclure à l'échec du traitement 1, 2
- Les effets cliniques émergent souvent dans les 1 à 2 semaines, mais la réponse complète peut prendre 4 à 6 semaines 1, 2
Traitement d'entretien
- Poursuivre le régime qui a traité efficacement l'épisode aigu pendant au minimum 12 à 24 mois 1, 2
- Le lithium montre des preuves supérieures pour la prévention des épisodes maniaques et dépressifs 1
- Plus de 90 % des patients non-adhérents rechutent versus 37,5 % des patients adhérents 1, 2
- Certains patients nécessiteront un traitement à vie lorsque les bénéfices l'emportent sur les risques 1
Médicaments à éviter
- La monothérapie antidépressive est contre-indiquée car elle peut déclencher des épisodes maniaques, un cycle rapide et une déstabilisation de l'humeur globale 1, 2, 3
- Les antipsychotiques typiques (halopéridol, fluphénazine) doivent être évités en raison du risque élevé de symptômes extrapyramidaux et d'une moins bonne tolérabilité 1, 2
Pièges courants à éviter
- Sous-dosage ou durée d'essai insuffisante : utiliser des doses thérapeutiques pendant 4 à 6 semaines complètes 1, 2
- Arrêt prématuré du traitement d'entretien : conduit à des taux de rechute élevés 1, 2
- Échec de surveillance des effets secondaires métaboliques (prise de poids, dyslipidémie) avec les antipsychotiques atypiques 1, 2
- Polypharmacie inutile : éviter d'ajouter des médicaments sans indication claire 1, 3
Interventions psychosociales (adjuvant à la pharmacothérapie)
- La psychoéducation sur les symptômes, l'évolution de la maladie, les options de traitement et l'importance de l'adhésion médicamenteuse améliore les résultats 1, 2
- La thérapie cognitivo-comportementale doit être offerte une fois les symptômes aigus stabilisés 1, 2
- La thérapie axée sur la famille aide à la supervision des médicaments et à l'identification précoce des signes d'alerte 1, 2