Causes et prise en charge des malaises vagaux après chirurgie bariatrique
Les malaises de type vagal après chirurgie bariatrique sont relativement fréquents, touchant environ 15% des patients dans la première année postopératoire, et nécessitent une prise en charge adaptée à leur étiologie.
Causes possibles des malaises vagaux post-chirurgie bariatrique
Causes hémodynamiques et vasculaires
- Hypotension orthostatique secondaire à une insuffisance autonomique après perte de poids rapide 1
- Hypovolémie relative due à une déshydratation ou à une restriction hydrique 2
- Thromboembolie pulmonaire, qui doit être systématiquement exclue en présence de détresse respiratoire et d'hypoxie 2
- Hémorragie digestive ou intra-abdominale non diagnostiquée 2
Causes métaboliques et nutritionnelles
- Hypoglycémie réactive post-prandiale, particulièrement après bypass gastrique 3
- Déficit en thiamine (vitamine B1), surtout en présence de vomissements, diarrhée ou non-adhérence aux suppléments vitaminiques 2
- Malnutrition protéino-énergétique, particulièrement après procédures malabsorptives 2
Causes mécaniques et digestives
- Syndrome de dumping précoce ou tardif 3, 4
- Sténose gastrique ou anastomotique entraînant des vomissements et une déshydratation 2
- Obstruction intestinale (hernie interne, volvulus, intussusception) provoquant des nausées et vomissements persistants 2
- Compression vagale par une complication chirurgicale (hématome, abcès) 5
Causes respiratoires
Conduite à tenir face à un malaise vagal post-chirurgie bariatrique
Évaluation initiale
- Rechercher les signes d'alarme : tachycardie ≥ 110 bpm, fièvre ≥ 38°C, hypotension, détresse respiratoire avec tachypnée et hypoxie, diminution du débit urinaire 2
- Évaluer la présence de nausées et vomissements persistants qui peuvent signaler une complication chirurgicale (hernie interne, volvulus, sténose gastro-intestinale, ischémie intestinale ou ulcère marginal) 2
- Rechercher des signes de saignement digestif (hématémèse, méléna, rectorragie) 2
Examens complémentaires
- Bilan biologique complet incluant glycémie, électrolytes, fonction rénale, NFS, bilan nutritionnel (albumine, préalbumine, vitamines) 2
- Scanner abdominal avec injection si suspicion de complication chirurgicale (fuite anastomotique, hernie interne, obstruction) 3
- Endoscopie digestive haute en cas de suspicion d'ulcère marginal ou de sténose 2, 3
- Transit baryté pour évaluer l'anatomie post-chirurgicale et rechercher une sténose 3
- Test d'inclinaison (tilt-test) pour confirmer l'origine vasovagale des malaises 1
Prise en charge thérapeutique
- Positionnement en position semi-assise avec tête surélevée pour améliorer l'oxygénation 2
- Réhydratation adaptée avec surveillance du bilan hydrique 2
- Oxygénothérapie si hypoxémie (saturation < 90%), mais à utiliser avec précaution car peut masquer les apnées 2
- Utilisation libérale de ventilation non invasive à pression positive (CPAP/BiPAP) en présence d'hypoxémie ou chez les patients avec syndrome d'apnées du sommeil préexistant 2
- Thromboprophylaxie mécanique et pharmacologique adaptée au poids du patient 2
- Ajustement des régimes alimentaires et de la texture des aliments 2
- Supplémentation vitaminique et minérale systématique, avec attention particulière à la thiamine 2
- Inhibiteurs de la pompe à protons pendant au moins 30 jours après bypass gastrique 2
Cas spécifiques
- En cas de malaises orthostatiques persistants : traitement standard de l'insuffisance autonomique (augmentation de l'apport hydrique et sodé, compression veineuse, midodrine) 1
- En cas de suspicion d'hémorragie digestive : endoscopie en urgence chez les patients stables, exploration chirurgicale sans délai chez les patients instables 2
- En cas d'obstruction intestinale : laparoscopie exploratrice dans les 12-24 premières heures chez les patients stables présentant des douleurs abdominales persistantes et des résultats cliniques et radiologiques non concluants 2
Points de vigilance
- Ne jamais retarder l'exploration chirurgicale chez les patients instables présentant des saignements gastro-intestinaux persistants 2
- Maintenir un seuil bas pour l'utilisation de la ventilation non invasive à pression positive chez les patients présentant des signes de détresse respiratoire 2
- Être attentif au risque de déficit en thiamine, qui doit être traité immédiatement s'il est suspecté 2
- Considérer systématiquement l'embolie pulmonaire en présence de détresse respiratoire et d'hypoxie 2