Risques cardiaques de l'arrêt de l'hydroxyzine après 9,5 comprimés sur 10 jours
L'arrêt de l'hydroxyzine après une courte durée d'utilisation (9,5 comprimés sur 10 jours) ne présente pas de risque cardiaque significatif de sevrage, car les effets cardiaques de l'hydroxyzine sont liés à sa présence active dans l'organisme plutôt qu'à son arrêt. 1
Risques cardiaques pendant l'utilisation (non lors du sevrage)
Les préoccupations cardiaques avec l'hydroxyzine concernent principalement son utilisation active, pas son arrêt :
Prolongation de l'intervalle QT et Torsades de Pointes : L'hydroxyzine peut provoquer une prolongation du QT et des torsades de pointes, particulièrement chez les patients présentant des facteurs de risque préexistants (cardiopathie, déséquilibres électrolytiques, médicaments arythmogènes concomitants, infarctus du myocarde récent, insuffisance cardiaque non compensée, bradyarythmies). 1
Inhibition des canaux ioniques cardiaques : L'hydroxyzine inhibe de manière concentration-dépendante plusieurs canaux ioniques cardiaques humains, notamment les canaux potassiques hERG, ce qui explique son potentiel arythmogène. 2
Risque conditionnel : L'hydroxyzine est classée comme médicament à "risque conditionnel de torsades de pointes", avec 59 cas rapportés de prolongation du QT et/ou de torsades de pointes entre 1955 et 2016, tous impliquant des facteurs de risque supplémentaires (surdosage intentionnel, conditions médicales sous-jacentes, ou médicaments concomitants). 2
Absence de syndrome de sevrage cardiaque
Durée d'utilisation courte : Après seulement 10 jours d'utilisation, l'hydroxyzine n'induit pas de dépendance physique significative nécessitant un sevrage progressif pour des raisons cardiaques. 1
Différence avec d'autres médicaments : Contrairement aux alpha-2 agonistes comme la clonidine ou la guanfacine (qui peuvent provoquer une hypertension rebond, une tachycardie et une hypertonie si arrêtés brusquement après >9 semaines d'utilisation), l'hydroxyzine n'a pas ce profil de sevrage. 3
Demi-vie courte : L'hydroxyzine a une durée d'action relativement courte, et ses effets cardiaques disparaissent avec l'élimination du médicament, sans phénomène de rebond cardiaque documenté. 1
Recommandations pratiques pour l'arrêt
L'arrêt peut être effectué immédiatement sans sevrage progressif après cette courte durée d'utilisation :
Aucun protocole de sevrage nécessaire : Pour une utilisation de 10 jours, l'arrêt brutal est sûr d'un point de vue cardiaque. 1
Surveillance non requise : Aucune surveillance cardiaque spécifique n'est nécessaire lors de l'arrêt après cette courte période. 1
Symptômes possibles non cardiaques : Le patient peut ressentir un retour de l'anxiété ou de l'insomnie pour lesquelles l'hydroxyzine était prescrite, mais cela ne constitue pas un risque cardiaque. 4
Mise en garde importante
Si le patient présente des facteurs de risque cardiaques préexistants, la préoccupation concerne l'utilisation passée, non l'arrêt :
Les patients ayant pris de l'hydroxyzine avec des facteurs de risque de prolongation du QT (cardiopathie structurelle, électrolytes anormaux, médicaments concomitants prolongeant le QT) devraient être évalués pour les effets résiduels si des symptômes cardiaques sont présents. 1, 2
Les médicaments concomitants à surveiller incluent les antiarythmiques de classe IA (quinidine, procaïnamide) ou III (amiodarone, sotalol), certains antipsychotiques, antidépresseurs, antibiotiques macrolides/fluoroquinolones, et le méthadone. 1, 3
Chez les personnes âgées, l'hydroxyzine doit être utilisée avec prudence en raison de la fréquence accrue de dysfonction rénale, hépatique ou cardiaque, mais l'arrêt après 10 jours ne pose pas de problème spécifique. 1, 3