Posologie des progestatifs oraux pour la ménorragie
Les progestatifs oraux administrés pendant la phase lutéale (jours 15-26 du cycle) ne sont PAS efficaces pour réduire la ménorragie et ne devraient pas être utilisés comme traitement de première ligne. 1
Schémas posologiques selon l'efficacité
Schéma de 21 jours (RECOMMANDÉ pour usage à court terme)
La noréthistérone 5 mg trois fois par jour du jour 5 au jour 26 du cycle constitue le seul schéma progestatif oral démontrant une réduction significative des pertes sanguines menstruelles. 2, 1
- Posologie spécifique: Noréthistérone 5 mg par voie orale, 3 fois par jour, administrée du jour 5 au jour 26 du cycle menstruel 2
- Cette posologie réduit les pertes sanguines menstruelles d'environ 87% après 3 cycles de traitement 2
- Durée recommandée: traitement à court terme uniquement, car l'acceptabilité à long terme est limitée 1
Schéma de phase lutéale (NON RECOMMANDÉ)
Les progestatifs administrés uniquement pendant la phase lutéale (jours 15-26 ou 19-26) sont significativement MOINS efficaces que les autres traitements médicaux. 1
- Ce schéma est inférieur à l'acide tranexamique, au danazol et au système intra-utérin au lévonorgestrel pour réduire les pertes sanguines 1
- Aucun avantage démontré par rapport aux AINS ou autres thérapies médicales 1
Comparaison avec d'autres options thérapeutiques
Système intra-utérin au lévonorgestrel (TRAITEMENT LE PLUS EFFICACE)
- Réduit les pertes sanguines menstruelles de 94% après 3 mois, comparé à 87% pour la noréthistérone orale 2
- Taux de satisfaction et de continuation significativement supérieurs: 76% des patientes souhaitent continuer avec le SIU-LNG versus seulement 22% avec la noréthistérone orale 2
- Représente le traitement médical le plus efficace disponible pour la ménorragie 3, 1
Autres alternatives médicales
Les options suivantes sont toutes plus efficaces que les progestatifs en phase lutéale 1:
- Acide tranexamique
- AINS (acide méfénamique, naproxène)
- Danazol (mais effets secondaires plus fréquents) 1
Contexte clinique spécifique: Ménorragie pendant les périodes thrombocytopéniques
Pour la suppression de la ménorragie pendant les périodes thrombocytopéniques (par exemple, pendant la chimiothérapie), l'administration continue d'agents progestatifs est préférée à la contraception orale combinée. 4
- L'acétate de médroxyprogestérone est l'option préférable chez les patientes à risque élevé de thromboembolie veineuse 4
- La noréthistérone à doses élevées présente une association non significative avec le risque thromboembolique 4
- MISE EN GARDE IMPORTANTE: Les agents progestatifs ne doivent pas être utilisés pendant plus de 6 mois en raison du risque de méningiome 4
Pièges à éviter
- Ne pas prescrire de progestatifs en phase lutéale courte (jours 15-26) pour la ménorragie ovulatoire, car l'efficacité est insuffisante 1
- Informer les patientes du faible taux d'acceptabilité à long terme de la noréthistérone orale (78% d'abandon après 3 cycles) 2
- Privilégier le SIU-LNG comme première ligne avant d'envisager les progestatifs oraux, sauf contre-indication 2, 3
- Limiter l'utilisation des progestatifs continus à moins de 6 mois pour éviter le risque de méningiome 4
Algorithme décisionnel
Première ligne: Système intra-utérin au lévonorgestrel (réduction de 94% des pertes sanguines, meilleure acceptabilité) 2, 3
Si SIU-LNG contre-indiqué ou refusé:
Contexte de thrombocytopénie/chimiothérapie:
- Acétate de médroxyprogestérone en administration continue (durée <6 mois) 4
À éviter: Progestatifs en phase lutéale courte (inefficaces) 1