Investigation nécessaire pour une femme non-fumeuse avec 5 érythrocytes/HPF
Une investigation urologique complète n'est PAS nécessaire pour cette patiente à faible risque avec seulement 5 érythrocytes/HPF. 1
Confirmation diagnostique initiale
Confirmez d'abord la microhématurie en répétant l'analyse d'urine microscopique sur 2 des 3 échantillons proprement collectés (mi-jet) pour documenter ≥3 érythrocytes/HPF avant toute investigation supplémentaire. 2, 3
Excluez les causes bénignes transitoires avant de procéder : menstruation, exercice vigoureux, activité sexuelle récente, infection urinaire, traumatisme. 2, 3
Stratification du risque spécifique aux femmes
Cette patiente présente un profil à faible risque basé sur les données suivantes :
Femme non-fumeuse : Le risque de malignité urinaire est significativement plus faible chez les femmes que chez les hommes. 1
5 érythrocytes/HPF : Ce niveau est bien en dessous du seuil de 25 érythrocytes/HPF. 1
Âge non précisé mais critère important : Chez les femmes non-fumeuses à faible risque de moins de 50-60 ans sans hématurie macroscopique et avec <25 érythrocytes/HPF, le risque de cancer des voies urinaires est ≤0.5%. 1
Recommandations selon l'âge
Si la patiente a 35-50 ans :
- Aucune investigation urologique n'est recommandée (pas de cystoscopie, pas d'imagerie) si elle a <25 érythrocytes/HPF et aucun facteur de risque. 1
- L'évaluation extensive peut causer plus de tort que de bénéfice dans ce groupe à faible risque. 1
Si la patiente a ≥60 ans :
- Investigation urologique complète recommandée malgré le faible nombre d'érythrocytes, car l'âge >60 ans est un facteur de risque indépendant. 2, 4
- Procédez avec imagerie des voies urinaires supérieures (CT urographie multiphasique préférée) et cystoscopie. 5, 3, 4
Évaluation initiale minimale (tous âges)
Analyse d'urine complète avec examen du sédiment : Recherchez érythrocytes dysmorphiques (>80% suggère origine glomérulaire), cylindres érythrocytaires, protéinurie significative. 3, 4
Créatinine sérique et DFGe : Une fonction rénale altérée suggère une maladie rénale parenchymateuse nécessitant une référence en néphrologie. 3, 4
Culture d'urine si symptômes infectieux : Traitez l'infection et répétez l'analyse d'urine 6 semaines après pour confirmer la résolution. 4
Indications pour investigation urologique complète (indépendamment de l'âge)
Procédez avec CT urographie et cystoscopie si la patiente présente :
- Exposition professionnelle aux produits chimiques/colorants (benzènes, amines aromatiques). 2, 4
- Antécédents d'hématurie macroscopique. 2, 1
- Symptômes irritatifs vésicaux persistants. 4
- Irradiation pelvienne antérieure. 3
- Abus d'analgésiques. 3
Référence en néphrologie
Référez en néphrologie si présence de :
- Protéinurie significative (ratio protéine/créatinine >0.2 g/g). 2, 3
- Érythrocytes dysmorphiques >80% ou cylindres érythrocytaires (pathognomoniques de maladie glomérulaire). 2, 4
- Créatinine élevée ou fonction rénale déclinante. 2, 3
- Hypertension avec hématurie et protéinurie. 2, 3
Suivi si investigation initiale négative
- Répétez l'analyse d'urine annuellement à 6,12,24 et 36 mois. 3, 4
- Surveillez la pression artérielle à chaque visite. 3, 4
- Réévaluez si développement d'hypertension, protéinurie ou signes de saignement glomérulaire. 3, 4
Pièges à éviter
- Ne pas ignorer l'anticoagulation comme explication : Les anticoagulants démasquent une pathologie sous-jacente mais ne causent pas l'hématurie. 2, 4
- Ne pas se fier uniquement à la bandelette réactive : La spécificité est limitée (65-99%), confirmez toujours par microscopie. 2
- Ne pas sous-estimer le risque chez les femmes âgées : Bien que le risque soit plus faible que chez les hommes, l'âge >60 ans reste un facteur de risque significatif. 2, 1