Traitement de la Céphalée Associée à la COVID-19
Pour les céphalées liées à la COVID-19, le paracétamol est le traitement de première intention recommandé, suivi des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) si nécessaire, en évitant les AINS comme premier choix jusqu'à ce que davantage de données soient disponibles. 1
Approche Thérapeutique Aiguë
Traitement Symptomatique Initial
- Le paracétamol doit être utilisé en premier pour les patients présentant de la fièvre et des céphalées, en continuant uniquement tant que les symptômes persistent 1
- Jusqu'à ce que davantage de preuves soient disponibles, le paracétamol est préféré aux AINS pour les patients atteints de COVID-19 1
- Les patients doivent être conseillés de boire régulièrement des liquides pour éviter la déshydratation (pas plus de 2 litres par jour) 1
Options de Deuxième Ligne
Dans une série de 100 patients consécutifs nécessitant un traitement aigu (93% des cas), l'efficacité suivante a été observée :
- Le dexkétoprofène a obtenu le taux de soulagement le plus élevé (58,8% de réponse sans douleur à 2 heures) 2
- Les triptans ont démontré une efficacité de 57,7% pour la réponse sans douleur à 2 heures 2
- L'ibuprofène a montré une efficacité de 54,3% 2
- Le paracétamol était le médicament le plus fréquemment utilisé (46%), suivi de l'ibuprofène (44%) 2
Traitement des Céphalées Réfractaires
Pour les céphalées réfractaires aux analgésiques habituels, l'indométacine doit être considérée comme une option thérapeutique. 3
- Dans une étude rétrospective de 37 patients présentant des céphalées COVID ou post-COVID réfractaires, 36 patients (97%) ont rapporté un soulagement supérieur à 50% dès le troisième jour de traitement par indométacine 3
- Cinq patients sont devenus asymptomatiques au cinquième jour 3
- Cette option s'applique aux patients migraineux ou sans antécédents de céphalées qui ne répondent pas aux analgésiques courants, aux AINS ou aux triptans 3
Traitement Préventif
Un traitement préventif est nécessaire chez 75% des patients présentant des céphalées liées à la COVID-19. 2
Médicaments de Première Ligne
- L'amitriptyline est le traitement préventif le plus fréquemment utilisé (66% des cas) avec un taux de répondeurs à 50% de 45,5% 2
- La mirtazapine a obtenu un taux de répondeurs à 50% de 50% 2
Options pour les Cas Résistants
- Les blocs anesthésiques ont été utilisés chez 18% des patients avec un taux de répondeurs à 50% de 38,9% 2
- L'onabotulinumtoxineA a obtenu le taux de répondeurs à 75% le plus élevé (18,2%) chez les patients résistants au traitement 2
Considérations Spécifiques
Rôle des Corticostéroïdes
L'administration de dexaméthasone pendant la phase aiguë réduit significativement l'incidence des céphalées persistantes post-COVID (52% vs 73%, p = 0,029) 4
- Cette observation suggère un rôle inflammatoire dans la pathogenèse des céphalées persistantes 4
- Les corticostéroïdes ne doivent pas être utilisés uniquement pour réduire la température corporelle 1
Céphalées Persistantes (Long COVID)
Cinquante pour cent des patients rapportent des céphalées persistantes 12 à 15 mois après l'infection. 4
- Les céphalées persistantes sont typiquement unilatérales (40%), pulsatiles (38%) avec phonophobie (74%) 4
- Le phénotype ressemble davantage à la migraine qu'aux céphalées de tension 4
Mises en Garde Importantes
Biomarqueurs et Facteurs de Risque
- La diminution des lymphocytes T CD4 prédit indépendamment les céphalées associées à la COVID-19 4
- Des niveaux élevés d'IL-6 ont été notés dans le groupe avec céphalées dominantes 4
- Les patients plus jeunes et les femmes sont plus susceptibles de développer des céphalées 4
Phénotypes Cliniques
Les céphalées non dominantes se caractérisent par :
- Douleur sourde (56,9%) et holocrânienne (26,5%) 4
Les céphalées dominantes présentent :
- Douleur unilatérale (31,3%) avec photophobie (34,3%) et nausées (56,3%) 4
Éviter les Erreurs Courantes
- Ne pas utiliser d'antipyrétiques dans le seul but de réduire la température corporelle 1
- Ne pas retarder le traitement préventif chez les patients présentant des céphalées fréquentes ou invalidantes 2
- Considérer l'indométacine spécifiquement pour les cas réfractaires plutôt que de continuer à augmenter les doses d'analgésiques standards 3