Prise en charge des hoquets persistants
Pour les hoquets persistants, initiez un traitement par inhibiteur de la pompe à protons (IPP) à haute dose comme traitement de première ligne, car le reflux gastro-œsophagien (RGO) est la cause la plus fréquente, avec ajout de métoclopramide si la réponse est partielle ou absente. 1
Approche thérapeutique initiale
Traitement pharmacologique de première ligne
- Les IPP à haute dose constituent le traitement initial recommandé lorsque le RGO est suspecté comme cause des hoquets persistants, avec un délai de réponse variable de 2 semaines à plusieurs mois 1
- Le métoclopramide doit être ajouté comme agent procinétique si l'amélioration est partielle ou absente avec les IPP seuls 1
- Si le traitement empirique échoue, envisagez une surveillance du pH œsophagien sur 24 heures pour confirmer le diagnostic de RGO 1
Traitement pharmacologique de deuxième ligne
- Le métoclopramide est recommandé comme agent de deuxième ligne pour le traitement des hoquets, particulièrement pour les causes périphériques 1, 2
- La chlorpromazine reste une option thérapeutique établie pour les hoquets réfractaires, bien qu'elle comporte des risques d'hypotension, de sédation, de symptômes extrapyramidaux et de prolongation de l'intervalle QT 1, 3
Posologie spécifique de la chlorpromazine
- Pour les hoquets incoercibles chez l'adulte : 25 à 50 mg trois à quatre fois par jour 3
- Si les symptômes persistent pendant 2 à 3 jours avec le traitement oral, un traitement parentéral est indiqué 3
- La chlorpromazine est approuvée par la FDA spécifiquement pour le soulagement des hoquets incoercibles 3
Considérations selon l'étiologie
Causes centrales versus périphériques
- Le baclofène est le médicament de choix pour les causes centrales de hoquets persistants (tumeurs cérébrales, traumatismes crâniens, lésions du tronc cérébral) 4, 1
- Le métoclopramide est recommandé en première intention pour les causes périphériques (RGO, distension gastrique, irritation diaphragmatique) 4
- Les causes centrales incluent les tumeurs cérébrales et les traumatismes crâniens, qui peuvent provoquer des hoquets 1
Surveillance et complications
Signes d'alarme
- Surveillez les signes de compromis respiratoire chez les patients approchant 48 heures de hoquets, particulièrement ceux avec des conditions préexistantes 5
- La détresse respiratoire ou le laryngospasme peuvent entraîner un œdème pulmonaire post-obstructif dans les cas graves 5
Conséquences des hoquets non traités
- Les hoquets persistants non traités peuvent entraîner une perte de poids et une dépression, soulignant l'importance d'un traitement précoce 1
Algorithme de prise en charge
- Première étape : IPP à haute dose pour traiter le RGO présumé (cause la plus fréquente) 1, 6
- Deuxième étape : Ajout de métoclopramide si réponse insuffisante après 2-4 semaines 1
- Troisième étape : Si échec, considérer la chlorpromazine 25-50 mg TID-QID 3
- Quatrième étape : Pour causes centrales confirmées, utiliser le baclofène 4
- Derniers recours : Bloc nerveux vagal ou phrénique, stimulation nerveuse, ou acupuncture pour les cas réfractaires 4, 7
Pièges à éviter
- Ne pas négliger le RGO comme cause sous-jacente - c'est l'étiologie la plus commune et doit être traitée en premier 6, 7
- Éviter de passer directement à la chlorpromazine sans essayer d'abord les IPP et le métoclopramide, en raison du profil d'effets secondaires plus favorable de ces derniers 1
- Ne pas oublier de rechercher des causes centrales (imagerie cérébrale) si le traitement pour causes périphériques échoue 7, 4
- Surveiller attentivement les patients approchant 48 heures pour détecter précocement les complications respiratoires 5