Prise en charge de l'entorse lombaire
Pour une entorse lombaire aiguë, le traitement conservateur est la prise en charge de première ligne, comprenant le repos relatif de courte durée (2-3 semaines maximum), la physiothérapie précoce axée sur le renforcement du tronc et la flexibilité, et les analgésiques simples avec ou sans relaxants musculaires à court terme. 1
Approche thérapeutique initiale
Médication
- Les relaxants musculaires comme la cyclobenzaprine sont indiqués comme adjuvant au repos et à la physiothérapie pour soulager le spasme musculaire associé aux conditions musculosquelettiques aiguës et douloureuses. 1
- La cyclobenzaprine doit être utilisée uniquement pour de courtes périodes (jusqu'à deux ou trois semaines) car les preuves d'efficacité pour une utilisation prolongée ne sont pas disponibles. 1
- Les analgésiques simples constituent le traitement de première ligne, avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens utilisés pour une courte période après considération des effets secondaires, en évitant les opiacés. 2
Physiothérapie et mobilisation
- La physiothérapie structurée axée sur le renforcement du tronc et les exercices de flexibilité doit être initiée rapidement dès que la colonne est stabilisée. 2, 3
- L'éducation du patient sur les stratégies d'autogestion, incluant les conseils sur leur condition et les bienfaits de rester actif avec une reprise progressive des activités normales, est essentielle. 2
- Le repos au lit prolongé doit être évité en raison de ses effets néfastes documentés. 2
Évaluation diagnostique
Examen clinique ciblé
- L'évaluation en clinique doit inclure une anamnèse ciblée et un examen physique (incluant la recherche de drapeaux rouges suggérant une pathologie spécifique), des tests neurologiques pour les syndromes radiculaires, et l'évaluation des drapeaux jaunes (présence de facteurs de risque psychosociaux). 2
- Il faut exclure les causes de douleur non spinales (par exemple, pathologie de la hanche, causes vasculaires). 2
Imagerie
- L'imagerie ne doit être utilisée que lorsqu'une anamnèse approfondie et un examen physique indiquent une cause spécifique grave de lombalgie. 2
- Ne pas prescrire d'imagerie pour les patients avec une lombalgie non spécifique. 2
Durée et progression du traitement
Phase aiguë (0-3 semaines)
- La prise en charge médicale conservatrice est généralement appropriée pour les trois premiers mois. 2
- Le traitement doit être conduit une fois tous les deux jours, 3 fois par semaine, pour une semaine au total dans les cas aigus. 4
Critères de référence
- La référence à des thérapies conservatrices adjuvantes fondées sur des preuves comme la physiothérapie pour des exercices supervisés ou la gestion de la douleur doit être réservée aux patients qui ne répondent pas au traitement initial. 2
- Les références aux spécialistes pour des consultations chirurgicales doivent être réservées à ceux qui continuent d'avoir des symptômes radiculaires à 12 semaines et ne répondent pas aux soins conservateurs. 2
Pièges à éviter
- Éviter l'utilisation prolongée de relaxants musculaires au-delà de 2-3 semaines, car l'efficacité n'est pas établie pour des périodes plus longues. 1
- Ne pas prescrire d'opiacés en première intention pour une entorse lombaire simple. 2
- Éviter l'immobilisation prolongée ou le repos au lit strict, qui peuvent retarder la récupération. 2
- Ne pas référer pour imagerie en l'absence de drapeaux rouges ou d'échec du traitement conservateur approprié. 2
Considérations spéciales
- Chez les patients avec insuffisance hépatique légère, la cyclobenzaprine doit être utilisée avec prudence en commençant avec la dose de 5 mg et en titrant lentement vers le haut. 1
- L'administration concomitante de cyclobenzaprine avec le naproxène était associée à plus d'effets secondaires que le naproxène seul, principalement sous forme de somnolence. 1
- La somnolence est la réaction indésirable la plus fréquente avec les relaxants musculaires. 1