La duloxétine peut-elle causer des bouffées de chaleur comme effet secondaire?
Oui, la duloxétine peut causer des bouffées de chaleur (flushing/hot flush), bien que cet effet secondaire soit rare et peu fréquemment rapporté dans la littérature médicale.
Données de la FDA et rapports de cas
La monographie officielle de la FDA pour la duloxétine mentionne explicitement le "flushing (including hot flush)" parmi les effets indésirables rapportés chez les patients pédiatriques traités pour la dépression et l'anxiété généralisée, bien que cet effet soit survenu chez moins de 2% des patients 1.
Un cas clinique documenté décrit une femme de 43 ans non ménopausée qui a développé des bouffées de chaleur faciales et un flushing 1-2 heures après l'administration de duloxétine 10 mg pour la prophylaxie migraineuse 2. Les symptômes sont apparus après deux semaines de traitement et ont persisté une semaine après l'arrêt du médicament 2.
Contexte pharmacologique important
Il est crucial de distinguer la duloxétine des autres antidépresseurs utilisés spécifiquement POUR TRAITER les bouffées de chaleur ménopausiques - la duloxétine n'est pas recommandée comme traitement de première ligne pour ce symptôme 3. Les agents privilégiés sont:
- Venlafaxine 75 mg/jour (réduction de 61% de la sévérité des bouffées de chaleur) 4, 5
- Paroxétine (réduction de 62-65% des scores composites) 4
- Escitalopram comme option de première ligne non hormonale 6
- Sertraline 50 mg/jour particulièrement chez les utilisatrices de tamoxifène 7
La duloxétine devrait être réservée comme option de dernière ligne pour le traitement des bouffées de chaleur jusqu'à ce que des études plus rigoureuses soient menées 3.
Profil général des effets secondaires
Les effets indésirables les plus fréquents de la duloxétine (≥5% et au moins deux fois l'incidence du placebo) incluent 1:
- Nausées (18% vs 8% placebo)
- Perte de poids (14% vs 6%)
- Diminution de l'appétit (10% vs 5%)
- Céphalées (18% vs 13%)
- Somnolence (11% vs 6%)
- Étourdissements (8% vs 4%)
Recommandations pratiques
Si un patient développe des bouffées de chaleur sous duloxétine:
- Évaluer si les bouffées de chaleur sont nouvelles ou préexistantes (la duloxétine n'est pas efficace pour traiter ce symptôme) 3
- Considérer un arrêt progressif de la duloxétine pour éviter un syndrome de sevrage 1
- Si le traitement antidépresseur doit être maintenu ET que les bouffées de chaleur nécessitent un traitement, envisager un passage à la venlafaxine 75 mg/jour ou à l'escitalopram 10-20 mg/jour 6, 5
- Éviter la paroxétine et la fluoxétine chez les patientes sous tamoxifène en raison de l'inhibition significative du CYP2D6 4, 5