Surveillance de la créatinine et des électrolytes chez une patiente sous Coversyl-Indapamide
Pour une patiente sous Coversyl-Indapamide (périndopril + indapamide), il faut vérifier la créatinine et les électrolytes (notamment potassium et sodium) dans les 2-3 jours suivant l'initiation du traitement, puis à nouveau à 7 jours, mensuellement pendant les 3 premiers mois, puis tous les 3-6 mois par la suite. 1
Protocole de surveillance initial (Phase d'initiation)
Première semaine
- Jour 2-3 : Premier contrôle de la créatinine, potassium, sodium et fonction rénale 1
- Jour 7 : Deuxième contrôle des mêmes paramètres 1
- Cette surveillance rapprochée est essentielle car l'association IECA + diurétique thiazidique augmente significativement le risque d'hypokaliémie et d'altération de la fonction rénale 2, 1
Phase de stabilisation (Mois 1-3)
- Contrôle mensuel de la créatinine, potassium, sodium pendant les 3 premiers mois 1
- Cette fréquence permet de détecter précocement les déséquilibres électrolytiques qui peuvent survenir avec l'indapamide 3, 4
Surveillance à long terme (Après 3 mois)
- Contrôle tous les 3-6 mois une fois les valeurs stabilisées 1
- Maintenir une surveillance tous les 6 mois est raisonnable pour les patientes stables sans facteurs de risque additionnels 1
Paramètres spécifiques à surveiller
Potassium sérique
- Objectif cible : 4,0-5,0 mEq/L 1
- L'indapamide peut causer une hypokaliémie dose-dépendante, particulièrement aux doses ≥2,5 mg 3, 5
- La baisse moyenne du potassium est de -0,2 mEq/L avec indapamide 1,25 mg et -0,4 mEq/L avec 2,5 mg 5
- Action si K+ <3,5 mEq/L : Envisager une supplémentation en potassium ou l'ajout d'un diurétique épargneur de potassium 1
- Action si K+ >5 mEq/L : Réduire de moitié la dose d'IECA et surveiller étroitement 1
Magnésium sérique
- Vérifier systématiquement le magnésium car l'hypomagnésémie rend l'hypokaliémie réfractaire à la correction 1
- Objectif : >0,6 mmol/L (>1,5 mg/dL) 1
- Corriger toute hypomagnésémie avec des sels organiques (aspartate, citrate, lactate) plutôt que l'oxyde de magnésium 1
Fonction rénale
- Surveiller la créatinine et le DFGe à chaque contrôle 1
- L'indapamide n'accumule pas significativement même en cas d'insuffisance rénale légère à modérée 6
- Attention particulière si créatinine >1,6 mg/dL ou DFGe <45 mL/min : surveillance plus rapprochée nécessaire 1
Populations nécessitant une surveillance plus fréquente
Facteurs de risque justifiant des contrôles plus rapprochés
- Insuffisance rénale chronique (DFGe <60 mL/min) : contrôle à 2-3 jours, 7 jours, puis toutes les 1-2 semaines jusqu'à stabilisation 1
- Insuffisance cardiaque : même protocole intensifié car l'hypokaliémie et l'hyperkaliémie augmentent toutes deux la mortalité 1
- Diabète : risque accru de déséquilibres électrolytiques 1
- Patientes âgées : masse musculaire réduite peut masquer l'insuffisance rénale 1
- Utilisation concomitante d'AINS : éviter si possible car ils augmentent le risque d'insuffisance rénale aiguë et d'hyperkaliémie 1
Ajustements thérapeutiques selon les résultats
Si hypokaliémie persistante (K+ <3,5 mEq/L)
- Première ligne : Ajouter un diurétique épargneur de potassium (spironolactone 25-100 mg/jour, amiloride 5-10 mg/jour, ou triamtérène 50-100 mg/jour) plutôt que des suppléments de potassium chroniques 1
- Les diurétiques épargneurs de potassium sont plus efficaces que les suppléments oraux pour l'hypokaliémie induite par les diurétiques 1
- Contre-indication : Ne pas utiliser de diurétiques épargneurs si DFGe <45 mL/min 1
Si hyperkaliémie (K+ >5 mEq/L)
- Réduire de moitié la dose de périndopril 1
- Arrêter temporairement tout supplément de potassium 1
- Recontrôler dans 1-2 semaines 1
Si altération de la fonction rénale
- Envisager de réduire la dose d'indapamide ou d'arrêter temporairement le traitement 4
- Réévaluer l'indication du traitement combiné 2
Pièges courants à éviter
- Ne jamais attendre 3 mois pour le premier contrôle après initiation du traitement - cela peut manquer des complications précoces graves 1
- Ne pas oublier de vérifier le magnésium - c'est la cause la plus fréquente d'hypokaliémie réfractaire 1
- Ne pas supplémenter systématiquement en potassium chez les patientes sous IECA - cela peut être inutile voire délétère 1
- Ne pas ignorer une hypokaliémie légère (3,0-3,5 mEq/L) chez les patientes cardiaques ou sous digoxine - maintenir K+ entre 4,0-5,0 mEq/L 1
- Éviter les substituts de sel riches en potassium si ajout d'un diurétique épargneur de potassium 1
Conseils diététiques associés
- Restriction sodée modérée (2 300 mg/jour) pour optimiser l'effet antihypertenseur et limiter les pertes de potassium 1
- Encourager une alimentation riche en potassium (fruits, légumes, produits laitiers faibles en gras) si pas de contre-indication 1
- Éviter les aliments riches en potassium biodisponible si utilisation de diurétiques épargneurs 1