Tester l'IL-6 et le TNF-α n'est pas recommandé pour guider les décisions thérapeutiques dans votre cas d'hypogonadisme
Le dosage de l'IL-6 et du TNF-α ne fait partie d'aucun algorithme diagnostique ou thérapeutique validé pour l'hypogonadisme, même en présence de maladie de Crohn. Les lignes directrices actuelles ne recommandent pas ces marqueurs inflammatoires pour orienter le traitement par testostérone 1, 2.
Pourquoi ces tests ne sont pas utiles dans votre situation
Le problème n'est pas diagnostique mais thérapeutique
- Votre testostérone totale est normale depuis le début, ce qui explique pourquoi la LH reste normale-basse—le système hypothalamo-hypophysaire fonctionne correctement et ne détecte pas de déficit 1, 2
- Vous n'avez pas d'hypogonadisme biochimique confirmé, qui nécessite une testostérone totale matinale <300 ng/dL (10,4 nmol/L) mesurée à deux reprises distinctes 1, 2
- Les effets indésirables que vous avez subis avec le gel et les injections ne sont pas liés à l'inflammation mais plutôt à l'érythrocytose, la rétention hydrique, ou d'autres effets directs de la testostérone exogène 1
L'inflammation dans la maladie de Crohn ne change pas l'approche
- Bien qu'il existe des données montrant que la testostérone peut réduire le TNF-α, l'IL-6 et l'IL-1β chez les hommes hypogonadaux avec maladie de Crohn 3, 4, ces marqueurs ne sont pas utilisés pour décider qui doit recevoir de la testostérone
- L'étude de référence sur la maladie de Crohn et la testostérone a inclus uniquement des hommes avec testostérone <12,1 nmol/L (349 ng/dL)—pas des hommes avec testostérone normale 3
- La VS élevée et les ANA positifs suggèrent une activité inflammatoire de votre Crohn, mais cela ne justifie pas un traitement par testostérone si vous êtes eugonadique 3, 4
Ce qui devrait être fait à la place
Confirmer ou exclure définitivement l'hypogonadisme
- Mesurez la testostérone libre par dialyse à l'équilibre, car c'est la fraction biologiquement active—votre testostérone totale normale peut masquer une testostérone libre basse si votre SHBG est élevée 1, 2
- Mesurez également la SHBG (sex hormone-binding globulin) pour calculer l'index d'androgènes libres 1, 2
- Ces tests doivent être effectués le matin (8h-10h) à deux reprises distinctes pour confirmer la persistance 1, 2
Si la testostérone libre est effectivement basse
- Distinguez l'hypogonadisme primaire du secondaire en mesurant LH et FSH après confirmation de testostérone basse 2, 5
- Si LH/FSH sont élevées avec testostérone basse = hypogonadisme primaire (testiculaire) 5
- Si LH/FSH sont basses-normales avec testostérone basse = hypogonadisme secondaire (hypothalamo-hypophysaire) 2
Recherchez les causes réversibles d'hypogonadisme secondaire
- Optimisez le contrôle de votre maladie de Crohn—l'inflammation chronique elle-même peut supprimer l'axe hypothalamo-hypophysaire 3, 4, 6
- Évaluez pour apnée du sommeil, dysfonction thyroïdienne, anémie, déficit en vitamine D 1
- Si vous êtes en surpoids, la perte de poids par régime hypocalorique et exercice régulier peut améliorer les niveaux de testostérone sans médication 2
- Mesurez la prolactine et la saturation en fer pour exclure hyperprolactinémie et hémochromatose 2, 5
Algorithme décisionnel basé sur vos résultats
Si testostérone libre confirmée basse (<5,0 ng/dL ou <174 pmol/L)
- Avec désir de fertilité : Thérapie par gonadotrophines (hCG + FSH) obligatoire—testostérone absolument contre-indiquée 2, 7
- Sans désir de fertilité : Essayez d'abord les modifications du mode de vie pendant 3-6 mois si hypogonadisme secondaire lié à l'obésité 2
- Si traitement pharmacologique nécessaire : Envisagez le citrate de clomifène hors AMM (25-50 mg trois fois par semaine) pour stimuler votre propre production de testostérone plutôt que remplacement exogène 7
- Si clomifène inefficace ou contre-indiqué : Testostérone undécanoate injectable à longue durée d'action (1000 mg/12 semaines) pourrait être mieux toléré que cypionate/énanthate ou gel 3, 7
Si testostérone libre normale
- Vous n'avez pas d'hypogonadisme et ne devriez pas recevoir de testostérone, même si vous avez des symptômes 2
- Les lignes directrices de l'Association Européenne d'Urologie recommandent explicitement contre la thérapie par testostérone chez les hommes eugonadiques, même pour perte de poids, amélioration cardiométabolique, cognition, vitalité ou force physique 2
- Concentrez-vous sur l'optimisation du traitement de votre Crohn pour réduire l'inflammation systémique 3, 4
Pièges critiques à éviter
- Ne dosez jamais l'IL-6 ou le TNF-α pour guider la thérapie par testostérone—aucune ligne directrice ne soutient cette approche 1, 2
- Ne continuez pas la testostérone si vous êtes eugonadique simplement parce que vous avez une maladie inflammatoire 2
- Ne présumez pas que les effets indésirables avec gel/injections signifient que toutes les formulations échoueront—l'undécanoate injectable à longue durée d'action a un profil d'effets secondaires différent 3, 7
- Ne négligez pas l'évaluation de la fertilité avant tout traitement par testostérone—la suppression de la spermatogenèse peut être prolongée et irréversible 2, 7