Une culture urinaire positive asymptomatique chez un patient avec sonde JJ chroniquement colonisée n'affecte PAS la précision du TEP scan
La bactériurie asymptomatique chez un patient porteur d'une sonde JJ chroniquement colonisée représente une colonisation du dispositif et non une infection active, et ne devrait pas interférer avec l'interprétation d'un TEP scan oncologique. 1
Distinction fondamentale : Colonisation vs Infection
La colonisation bactérienne d'une sonde JJ est un phénomène quasi universel et attendu :
- La colonisation survient rapidement après la pose, avec formation d'un biofilm intraluminal complexe au fil du temps 1
- 67,9% à 81,3% des sondes JJ deviennent colonisées selon la durée de placement (58,6% avant 1 mois, 75,1% après 3 mois) 2, 3
- La bactériurie asymptomatique ne doit pas être traitée car elle reflète la colonisation du dispositif plutôt qu'une véritable infection, et son traitement favorise l'émergence de bactéries multirésistantes 1
Pourquoi cela n'affecte pas le TEP scan
Le TEP scan détecte l'activité métabolique accrue (captation du FDG) associée aux processus inflammatoires actifs et aux cellules malignes. La simple colonisation bactérienne asymptomatique d'une sonde JJ ne génère pas de réponse inflammatoire systémique significative :
- Seules les infections symptomatiques avec fièvre, douleur lombaire, leucocytose et signes de sepsis (hypotension, tachycardie) représentent une véritable infection nécessitant un traitement 1, 4
- La surveillance doit se concentrer sur les symptômes cliniques plutôt que sur les résultats de culture 1
Situations cliniques nécessitant une attention particulière
Facteurs de risque de progression vers infection symptomatique
Chez votre patient avec antécédents de cancer et sonde JJ chroniquement colonisée, certains facteurs augmentent le risque d'infection vraie :
- Diabète, insuffisance rénale chronique, ou néphropathie diabétique : taux de bactériurie de 33,3%, 39,6% et 44,4% respectivement (vs 3% chez patients normaux) 5
- Durée de placement prolongée : 4,2% de bactériurie avant 30 jours vs 34% après 90 jours 5
- Sexe féminin : taux de colonisation de 74,4% vs 66,5% chez les hommes 3
Quand suspecter une vraie infection pouvant affecter le TEP scan
Recherchez activement ces signes cliniques avant le TEP scan :
- Fièvre (température >38°C) 1, 4
- Douleur lombaire nouvelle ou aggravée 1
- Leucocytose 1
- Signes de sepsis : hypotension, tachycardie 1, 4
Si ces symptômes sont présents, il s'agit d'une infection active (pyélonéphrite obstructive ou pyonéphrose) qui PEUT effectivement créer des faux positifs au TEP scan par inflammation active.
Recommandations pratiques pour votre patient
Avant le TEP scan
- Évaluation clinique uniquement : pas besoin de culture urinaire systématique si le patient est asymptomatique 1
- Si culture déjà positive et patient asymptomatique : ne pas traiter, procéder au TEP scan comme prévu 1
- Si symptômes présents : traiter l'infection avant le TEP scan avec ceftriaxone ou ampicilline/sulbactam 4, 6
Gestion à long terme de la sonde JJ
- Remplacement routinier tous les 3 mois ou plus fréquemment chez les patients à haut risque d'obstruction intraluminale 1
- Retrait définitif dès que cliniquement possible 1
- Approche prophylactique ciblée : culture urinaire quelques jours avant un échange programmé pour guider l'antibioprophylaxie, plus efficace que l'antibioprophylaxie standard 1
Pathogènes les plus fréquents (information contextuelle)
Les organismes colonisant les sondes JJ incluent : Escherichia coli (20%), Streptococcus sp. (17,5%), Pseudomonas sp. (12,5%) 2, 3. Cette information est pertinente uniquement si une infection symptomatique se développe nécessitant un traitement.
Piège à éviter
Ne pas confondre colonisation asymptomatique et infection active. Le traitement systématique des cultures positives asymptomatiques chez les porteurs de sonde JJ :