Évaluation et prise en charge de la raideur des membres inférieurs chez un patient sous quétiapine
Arrêt immédiat de la quétiapine recommandé
La quétiapine à 12 mg par jour doit être arrêtée immédiatement car elle peut causer des symptômes extrapyramidaux incluant la rigidité musculaire et les troubles de la marche, même à faibles doses, et son utilisation pour l'insomnie n'est pas appuyée par des données probantes suffisantes. 1, 2
Justification de l'arrêt de la quétiapine
Effets indésirables neurologiques de la quétiapine
La quétiapine, même à faibles doses, peut provoquer des symptômes extrapyramidaux incluant la rigidité musculaire, l'akathisie, et des troubles du mouvement qui correspondent exactement aux symptômes décrits (raideur des jambes, difficulté à marcher, période de dérouillage prolongée). 1, 3
Les étiquettes FDA de la quétiapine avertissent spécifiquement que le médicament peut causer des mouvements incontrôlables et une rigidité musculaire, même après l'arrêt du traitement (dyskinésie tardive). 1
Des cas documentés d'akathisie et de syndrome des jambes sans repos ont été rapportés avec des doses faibles de quétiapine utilisées pour l'insomnie. 3
Absence de données probantes pour l'insomnie
L'utilisation de la quétiapine pour l'insomnie est hors indication et n'est soutenue que par deux essais cliniques totalisant 31 patients, sans comparaison avec des agents actifs approuvés. 4
Une étude rétrospective de 2025 a démontré que la quétiapine à faible dose chez les personnes âgées était associée à un risque significativement accru de mortalité (HR 3.1), de démence (HR 8.1), et de chutes (HR 2.8) comparativement à la trazodone. 2
Les lignes directrices recommandent l'utilisation de la quétiapine pour l'insomnie uniquement chez les patients ayant des troubles psychiatriques comorbides spécifiques, ce qui n'est pas le cas ici. 4, 5
Évaluation diagnostique des symptômes de rigidité
Exclusion du syndrome malin des neuroleptiques
Vérifier immédiatement la présence de fièvre, de sudation excessive, de confusion, ou de modifications des signes vitaux pour exclure un syndrome malin des neuroleptiques, une urgence médicale potentiellement mortelle. 1
Obtenir une créatine kinase (CK) sérique si un syndrome malin des neuroleptiques est suspecté. 1
Évaluation des causes infectieuses
Compte tenu des antécédents d'infections graves de l'enfance et de pneumonies récurrentes:
Effectuer une radiographie pulmonaire ou un CT scan thoracique pour exclure une pneumonie active, car les infections respiratoires peuvent se présenter avec des symptômes systémiques incluant la faiblesse musculaire. 6
Obtenir une formule sanguine complète avec différentielle, CRP, et procalcitonine pour évaluer une infection bactérienne active. 6
Considérer des hémocultures si le patient présente de la fièvre ou des signes d'infection systémique. 6
Évaluation rhumatologique et neurologique
Rechercher des signes d'arthrite inflammatoire ou de vascularite, particulièrement si les antécédents d'infections récurrentes suggèrent une immunodéficience sous-jacente. 6
Effectuer un examen neurologique complet pour évaluer la force musculaire, les réflexes, et la présence de signes pyramidaux ou extrapyramidaux. 1
Considérer une électromyographie (EMG) et des études de conduction nerveuse si les symptômes persistent après l'arrêt de la quétiapine pour exclure une neuropathie périphérique. 1
Plan de traitement immédiat
Sevrage de la quétiapine
Arrêter la quétiapine immédiatement, car la dose de 12 mg est suffisamment faible pour permettre un arrêt sans sevrage progressif dans la plupart des cas. 1
Surveiller l'apparition d'insomnie rebond, de nausées, ou de vomissements dans les 48-72 heures suivant l'arrêt. 1
Alternative pour l'insomnie
Prescrire de la trazodone 25-50 mg au coucher comme alternative plus sûre pour l'insomnie, avec augmentation progressive selon la réponse clinique. 2
Éviter les benzodiazépines en raison du risque de dépendance et de chutes. 2
Surveillance et réévaluation
Réévaluer le patient dans 48-72 heures pour évaluer l'amélioration des symptômes de rigidité après l'arrêt de la quétiapine. 1, 3
Si les symptômes persistent au-delà de 7 jours après l'arrêt de la quétiapine, procéder à une investigation plus approfondie incluant imagerie de la colonne vertébrale et consultation en neurologie. 1
Pièges à éviter
Ne pas attribuer automatiquement les symptômes de rigidité à l'âge ou à l'inactivité sans avoir exclu les causes médicamenteuses, particulièrement avec les antipsychotiques. 1, 3
Ne pas poursuivre la quétiapine en supposant que la dose de 12 mg est "trop faible" pour causer des effets indésirables; des effets extrapyramidaux ont été documentés même à des doses subthérapeutiques. 3
Ne pas ignorer les antécédents d'infections récurrentes qui pourraient indiquer une immunodéficience sous-jacente nécessitant une évaluation plus approfondie. 6