Traitement du lichen scléreux génital chez la femme : Alternative au Protopic
Le propionate de clobétasol 0,05% en onguent est le traitement de première ligne recommandé pour le lichen scléreux génital chez la femme, et non le Protopic (tacrolimus). 1
Protocole de traitement standard avec le clobétasol
Le propionate de clobétasol 0,05% doit être appliqué selon un schéma structuré et progressif 2:
- Semaines 1-4 : Application une fois par jour (le soir) 1, 2
- Semaines 5-8 : Application un soir sur deux 1, 2
- Semaines 9-12 : Application deux fois par semaine 1, 2
Évaluation critique à 12 semaines
- Tous les patients doivent être réévalués à 12 semaines pour évaluer la réponse au traitement 2
- Un traitement réussi se manifeste par la résolution de l'hyperkératose, des ecchymoses, des fissures et des érosions, bien que l'atrophie et les changements de couleur puissent persister 1, 2
Traitement d'entretien à long terme
- Pour les patients présentant une maladie active persistante, continuer le clobétasol 0,05% au besoin lors des poussées 1, 2
- La plupart des patients nécessitent environ 30-60g de propionate de clobétasol annuellement pour le maintien 1, 2
- Environ 60% des patients connaissent une rémission complète de leurs symptômes 1
Alternative de première ligne : Mométasone
- Le furoate de mométasone 0,1% en onguent peut être utilisé comme alternative au clobétasol avec une efficacité similaire 1, 2
Pourquoi le Protopic (tacrolimus) n'est PAS recommandé en première ligne
Les inhibiteurs topiques de la calcineurine (tacrolimus/Protopic et pimécrolimus) ne doivent PAS être utilisés comme traitement de première ligne en raison des préoccupations concernant le risque accru de néoplasie dans une maladie ayant un potentiel prémalin. 2
Preuves contradictoires sur le tacrolimus
Bien que quelques petites études de cas aient rapporté des résultats positifs avec le tacrolimus 3, 4 et le pimécrolimus 5, les lignes directrices de la British Association of Dermatologists sont claires : ces agents ne doivent pas être utilisés en première intention 2. Une étude pédiatrique a utilisé le tacrolimus uniquement pour le maintien après induction de rémission avec le clobétasol 6, ce qui n'est pas une pratique standard recommandée.
Traitements de deuxième ligne pour les cas réfractaires
- Pour les zones hyperkératosiques résistantes aux stéroïdes, envisager le triamcinolone intralésionnel 10-20mg, mais seulement après avoir effectué une biopsie pour exclure une néoplasie intraépithéliale ou une malignité 2
Traitements à éviter
- Ne pas utiliser la testostérone topique ou la progestérone, car il n'existe aucune base de données probantes soutenant leur utilisation 1, 2
- Une étude récente de 2022 a confirmé que la progestérone topique 8% est inférieure au clobétasol 0,05% chez les femmes préménopausées 7
Mesures adjuvantes essentielles
- Remplacer les savons réguliers par des substituts de savon 2
- Appliquer des préparations barrières 2
- Éliminer les irritants et les produits parfumés 2
- Appliquer une couche mince sur les zones affectées 2
Pièges courants à éviter
- Durée de traitement inadéquate : Assurez-vous d'un cycle initial complet de 12 semaines avant de déclarer l'échec du traitement 2
- Arrêt brusque : Toujours diminuer progressivement en utilisant le schéma structuré pour prévenir les poussées de rebond 2
- Échec de biopsie des cas résistants au traitement : Effectuer une biopsie pour confirmer le diagnostic et exclure une malignité lorsque la réponse est médiocre après 12 semaines de traitement approprié 2
Sécurité de l'utilisation à long terme
- L'utilisation à long terme du propionate de clobétasol de cette manière est sûre et il n'y a eu aucune preuve de dommages stéroïdiens significatifs ou d'augmentation de l'incidence du carcinome épidermoïde 1
- Une étude à court terme allant jusqu'à 12 mois a démontré la sécurité de l'utilisation continue 1
Surveillance et suivi
- Revoir tous les patients à 3 mois après le début du traitement, puis à nouveau à 6 mois 2
- Éduquer tous les patients sur le risque faible mais réel de transformation maligne (<5%) et leur demander de signaler toute ulcération persistante, érosion, hyperkératose, zone érythémateuse ou nouvelle croissance dans la peau affectée 2