Traitement du Doigt à Ressaut
Le traitement du doigt à ressaut doit commencer par une injection de corticostéroïdes, qui est sûre, simple et curative dans la majorité des cas, avec résolution de la douleur en quelques jours et disparition du blocage en quelques semaines. 1
Approche Thérapeutique Initiale
Traitement Conservateur de Première Ligne
L'injection de corticostéroïdes représente le traitement de choix initial pour le doigt à ressaut, offrant une résolution rapide des symptômes avec un profil de sécurité excellent. 1 Cette approche est préférable à l'immobilisation prolongée car elle produit des résultats plus rapides et plus prévisibles.
L'attelle peut être utilisée pendant 6 à 9 semaines et produit une amélioration graduelle chez la plupart des patients, mais cette méthode est plus lente que l'injection. 1 L'attelle est particulièrement appropriée pour les patients qui refusent l'injection ou qui présentent des contre-indications.
La modification des activités constitue également une option conservatrice, bien que moins efficace que l'injection. 2
Mécanisme Physiopathologique
Le doigt à ressaut résulte d'une sténose de la poulie A1 qui a perdu sa surface de glissement, produisant une friction et un changement nodulaire dans le tendon. 1 Cette inflammation et le rétrécissement subséquent de la poulie A1 causent la douleur, le cliquetis, le blocage et la perte de mouvement du doigt affecté. 3
Indications pour le Traitement Chirurgical
La libération chirurgicale (percutanée ou ouverte) doit être réservée aux échecs d'injection, particulièrement chez les patients à haut risque d'échec continu incluant les diabétiques et ceux avec plusieurs doigts à ressaut. 1
Options Chirurgicales
- Libération percutanée de la poulie A1 : technique moins invasive 2
- Libération ouverte de la poulie A1 : technique standard avec visualisation directe 2, 4
- Excision d'un faisceau du fléchisseur superficiel des doigts : réservée aux patients avec déclenchement persistant malgré la libération de A1 ou contracture en flexion persistante 2
Timing Chirurgical
Le traitement chirurgical peut être indiqué plus précocement chez les patients présentant initialement une déformité en flexion ou une incapacité à fléchir le doigt, en raison de l'intensité de la douleur et de l'incapacité fonctionnelle. 5
Populations Spéciales
Patients Diabétiques
Les patients diabétiques présentent souvent une réponse moins favorable aux mesures conservatrices et ont un taux d'échec plus élevé avec les injections. 4, 1 Ces patients peuvent nécessiter une progression plus rapide vers la chirurgie.
Patients avec Polyarthrite Rhumatoïde
Les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde nécessitent une ténosynovectomie plutôt qu'une simple libération de la poulie A1. 4
Population Pédiatrique
- Pouce à ressaut pédiatrique : traité par libération ouverte de la poulie A1 2
- Doigt à ressaut pédiatrique : traité par libération de la poulie A1 avec excision d'un faisceau ou de tout le fléchisseur superficiel des doigts si le déclenchement persiste 2
Complications Potentielles
Les complications chirurgicales sont rares mais incluent l'effet de corde d'arc (bowstringing), la lésion du nerf digital et le déclenchement continu. 4 Certains patients nécessitent des procédures plus extensives pour réduire la taille du tendon fléchisseur. 4
Algorithme de Traitement Recommandé
- Première étape : Injection de corticostéroïdes (sauf contre-indication ou refus du patient) 1
- Alternative première étape : Attelle pendant 6-9 semaines si injection refusée 1
- Deuxième étape : Libération chirurgicale si échec après au moins 3 mois de traitement conservateur 5
- Exception : Indication chirurgicale précoce si déformité en flexion ou incapacité fonctionnelle sévère dès la présentation initiale 5
Pièges à Éviter
- Ne pas retarder l'injection de corticostéroïdes en faveur d'une attelle prolongée chez les patients sans contre-indication, car l'injection offre une résolution plus rapide 1
- Ne pas poursuivre les injections répétées chez les diabétiques ou patients avec doigts multiples atteints, car ils ont un taux d'échec plus élevé et devraient progresser vers la chirurgie 1
- Ne pas effectuer uniquement une libération de A1 chez les patients avec polyarthrite rhumatoïde sans ténosynovectomie 4