Cipralex (escitalopram) pendant la grossesse : risques tératogènes et alternatives
Cipralex (escitalopram) n'est pas considéré comme hautement tératogène pendant la grossesse, mais son utilisation au troisième trimestre présente des risques significatifs pour le nouveau-né et doit être évaluée soigneusement en fonction du rapport bénéfice-risque.
Risques associés à l'escitalopram pendant la grossesse
- Les données disponibles des études épidémiologiques publiées n'ont pas établi un risque accru de malformations majeures ou de fausse couche avec l'escitalopram 1
- Une étude prospective comparative n'a pas trouvé d'association entre l'utilisation du citalopram (molécule apparentée) pendant l'embryogenèse et un risque tératogène majeur 2
- Les risques principaux concernent l'exposition en fin de grossesse plutôt que les malformations congénitales 1
Risques spécifiques au troisième trimestre
- L'exposition aux ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) en fin de grossesse peut augmenter le risque d'hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né (HTPPN) 1
- Les nouveau-nés exposés aux ISRS à la fin du troisième trimestre ont développé des complications nécessitant une hospitalisation prolongée, un soutien respiratoire et une alimentation par sonde 1
- Les manifestations cliniques chez le nouveau-né peuvent inclure : détresse respiratoire, cyanose, apnée, convulsions, instabilité de la température, difficultés d'alimentation, vomissements, hypoglycémie, hypotonie, hypertonie, hyperréflexie, tremblements, nervosité, irritabilité et pleurs constants 1
- Il existe un risque relatif de 4,2 (IC 95% 1,71-10,26) d'admission en soins intensifs néonatals pour les nourrissons exposés au citalopram près du terme par rapport aux nourrissons non exposés 2
Allaitement et escitalopram
- L'escitalopram est excrété dans le lait maternel 1
- Les nourrissons allaités reçoivent environ 3,9% de la dose maternelle d'escitalopram et 1,7% de la dose de desméthylcitalopram 1
- Des cas de somnolence excessive, diminution de l'alimentation et perte de poids ont été rapportés chez des nourrissons allaités 1
- Les nourrissons allaités doivent être surveillés pour détecter d'éventuels effets indésirables 1
Alternatives plus sécuritaires pendant la grossesse
- Pour les troubles psychiatriques nécessitant un traitement pendant la grossesse, une consultation avec un spécialiste en psychiatrie périnatale est recommandée pour évaluer les options thérapeutiques 3
- Les thérapies non pharmacologiques comme la psychothérapie devraient être considérées en première intention lorsque possible 3
- Si un traitement médicamenteux est nécessaire, il faut considérer le risque de la dépression non traitée par rapport aux risques potentiels du médicament 1
- Les femmes qui arrêtent les antidépresseurs sont plus susceptibles de connaître une rechute de dépression majeure que celles qui continuent le traitement 1
Recommandations pratiques
- Si le traitement par escitalopram est nécessaire pendant la grossesse, utiliser la dose efficace la plus faible possible 4, 5
- Envisager de réduire progressivement la dose vers la fin de la grossesse pour minimiser les symptômes d'adaptation néonatale, tout en surveillant attentivement l'état mental de la mère 1, 3
- Les nouveau-nés exposés à l'escitalopram en fin de grossesse doivent être surveillés pour détecter d'éventuels symptômes d'adaptation néonatale ou de syndrome sérotoninergique 1
- Les femmes enceintes exposées aux antidépresseurs devraient être encouragées à s'inscrire au registre national de grossesse pour les antidépresseurs pour améliorer les connaissances sur la sécurité de ces médicaments 1
Considérations importantes
- Le risque de base de malformations congénitales majeures dans la population générale est de 2 à 4%, et celui de fausse couche est de 15 à 20% 1
- Les méta-analyses récentes suggèrent que les ISRS en général présentent un risque légèrement accru de malformations congénitales majeures, mais les tailles d'effet sont généralement faibles 3
- La décision de continuer, d'arrêter ou de changer de médicament pendant la grossesse doit tenir compte de la gravité de la maladie maternelle, des antécédents de rechute, et du stade de la grossesse 1, 3