Traitement de la déchirure du ligament collatéral du genou versus tendinopathie des quadriceps
Déchirure du ligament collatéral (LCM)
Pour les déchirures partielles (grade I-II) et la plupart des déchirures complètes isolées (grade III) du ligament collatéral médial, le traitement conservateur avec mobilisation précoce est recommandé et donne d'excellents résultats. 1, 2
Traitement initial (0-10 jours)
- Immobilisation courte : Utiliser une attelle rigide ou un plâtre pour un maximum de 10 jours afin de réduire la douleur et l'œdème initiaux 1
- Imagerie : Les radiographies sont l'examen initial approprié si une fracture est suspectée selon les critères d'Ottawa 1
- IRM : Non nécessaire en routine pour les déchirures partielles isolées, mais à considérer si des lésions associées (ménisque, LCA) sont suspectées 1
Phase de réadaptation fonctionnelle
- Mobilisation immédiate : Débuter dès que possible après la période d'immobilisation courte pour toutes les déchirures de grade I, II et les déchirures complètes isolées du LCM 2, 3
- Renforcement musculaire progressif : Commencer dans les 12 mois suivant la blessure pour prévenir les récidives 1
- Exercices d'équilibre et de coordination : Particulièrement importants pour les athlètes 1
- Modification des activités : Réduire le stress mécanique sur le genou pendant la guérison 1
Résultats attendus
- Retour au sport : En moyenne 9,2 semaines pour un retour aux activités de contact complet dans les déchirures complètes isolées 4
- Pronostic : Bon à excellent dans 80-95% des cas traités de manière conservatrice 4, 3
- Clé du succès : Exclure absolument toute lésion du LCA associée, car cela change complètement la prise en charge 4
Indications chirurgicales (rares)
- Déchirures de grade III avec lésions associées nécessitant une chirurgie (LCA, ménisque) 5
- Échec du traitement conservateur bien conduit 5
- Lésions chroniques avec instabilité persistante 5
Tendinopathie des quadriceps
Pour la tendinopathie des quadriceps, commencer par 3 à 6 mois de traitement conservateur comprenant repos relatif, glace, exercices excentriques de renforcement et AINS, car environ 80% des patients récupèrent complètement avec cette approche. 6
Comprendre la pathologie
- Nature dégénérative : La tendinopathie est une condition dégénérative plutôt qu'inflammatoire et devrait être appelée "tendinose" ou "tendinopathie" plutôt que "tendinite" 6
- Cette distinction est importante car elle oriente vers un traitement axé sur la régénération plutôt que sur l'anti-inflammation pure 6
Traitement conservateur de première ligne (3-6 mois)
Repos relatif :
- Permettre la continuation des activités qui n'aggravent pas la douleur tout en évitant celles qui exacerbent les symptômes 6
- Éviter l'immobilisation complète : Elle cause une atrophie musculaire et un déconditionnement 6
- La mise en charge contrôlée du tendon stimule la production de collagène et guide l'alignement normal des fibres de collagène nouvellement formées 6
Cryothérapie :
- Appliquer de la glace à travers une serviette humide pendant des périodes de 10 minutes 6
- Réduit le métabolisme tissulaire, ralentit la libération de sang et de protéines de la vascularisation environnante, et procure un soulagement de la douleur à court terme 6
Exercices excentriques de renforcement :
- Composante critique : Stimulent la production de collagène et guident l'alignement normal des fibres de collagène nouvellement formées 6
- Les preuves sont les plus solides pour les tendinoses achilléennes et patellaires, mais s'appliquent également aux quadriceps 6
AINS :
- AINS topiques préférés : Soulagent efficacement la douleur tendineuse tout en éliminant le risque accru d'hémorragie gastro-intestinale associé aux AINS systémiques 6
- Les AINS oraux peuvent être utilisés mais avec prudence concernant les effets secondaires gastro-intestinaux 6
Interventions de deuxième ligne
Orthèses :
- Les genouillères ou attelles renforcent, déchargent et protègent les tendons pendant l'activité 6
- Sûres et largement utilisées, bien que les données soutenant leur efficacité définitive soient limitées 6
Injections de corticostéroïdes :
- Utiliser avec une prudence significative : Peuvent inhiber la guérison et réduire la résistance à la traction du tissu, prédisposant à une rupture spontanée 6
- Ne jamais injecter directement dans la substance du tendon 6
Thérapie par ondes de choc extracorporelles (ESWT) :
- Semble sûre et efficace mais nécessite des recherches supplémentaires pour clarifier les stratégies de traitement optimales 6
Prise en charge chirurgicale
- Réserver aux échecs : La chirurgie ne devrait être envisagée que pour les patients qui ont échoué après 3 à 6 mois de traitement conservateur bien conduit 6
Pièges courants à éviter
- Ne pas immobiliser complètement (risque d'atrophie) 6
- Ne pas injecter de corticostéroïdes directement dans le tendon 6
- Ne pas étiqueter à tort comme "tendinite" inflammatoire 6
- Maintenir la patience avec le traitement conservateur car 80% des patients récupèrent en 3-6 mois 6
Différences clés dans la prise en charge
Immobilisation : Courte période acceptable pour le LCM (≤10 jours) 1, mais à éviter complètement pour la tendinopathie 6
Chronologie de guérison : Le LCM permet un retour au sport en 9-10 semaines 4, tandis que la tendinopathie nécessite 3-6 mois de traitement conservateur 6
Rôle de la mobilisation : Immédiate et essentielle pour le LCM 2, contrôlée et progressive pour la tendinopathie 6
Renforcement : Général et fonctionnel pour le LCM 1, spécifiquement excentrique pour la tendinopathie 6