Évaluation hormonale pour un kyste ovarien suspecté
Le dosage hormonal n'est généralement pas nécessaire pour l'évaluation initiale d'un kyste ovarien suspecté - l'échographie transvaginale est l'examen de première intention et suffit pour caractériser la plupart des kystes. 1
Approche diagnostique initiale
Imagerie comme modalité principale
- L'échographie transvaginale est l'examen essentiel pour évaluer toute masse annexielle suspectée, permettant de caractériser les kystes comme bénins, malins ou indéterminés sans nécessiter de dosages hormonaux 1
- L'échographie avec Doppler couleur doit être incluse systématiquement pour différencier les composantes solides vraies des débris intrakystiques et évaluer la vascularité 1
- L'échographie seule suffit pour diagnostiquer correctement la plupart des kystes fonctionnels, hémorragiques, dermoïdes, endométriomes et hydrosalpinx grâce à leurs caractéristiques échographiques spécifiques 1
Quand les hormones ne sont PAS indiquées
- Les kystes simples chez les femmes préménopausées sont fonctionnels dans 98,7% des cas et se résorbent spontanément sans nécessiter de bilan hormonal 1
- Les kystes hémorragiques avec leur aspect réticulaire caractéristique et vascularité périphérique sont diagnostiqués par échographie, pas par dosages hormonaux 1
- La plupart des kystes non fonctionnels (endométriomes, tératomes, hydrosalpinx) ont des caractéristiques échographiques spécifiques qui permettent le diagnostic sans bilan hormonal 1
Marqueurs tumoraux versus hormones
CA-125 : Le seul marqueur pertinent (mais pas hormonal)
- Le CA-125 sérique doit être mesuré uniquement en cas de suspicion de malignité, notamment chez les femmes ménopausées avec kystes complexes ou symptômes évocateurs (ballonnements persistants, satiété précoce, douleur pelvienne) 2, 3
- Le CA-125 seul ne permet pas de distinguer les kystes bénins des malins et n'est pas recommandé en première intention chez les femmes adultes 4, 5
- D'autres marqueurs (CEA, CA19.9) ne doivent être mesurés que si le CA-125 n'est pas élevé 2
Pourquoi les dosages hormonaux sont inutiles
- Les kystes fonctionnels (corps jaunes, kystes folliculaires) se diagnostiquent par leurs caractéristiques échographiques, pas par dosages hormonaux 1
- L'hormonothérapie est inefficace pour les kystes uniloculaires anéchogènes et n'est pas recommandée, rendant les dosages hormonaux sans intérêt thérapeutique 5
- La distinction entre kyste fonctionnel et pathologique repose sur la taille, l'apparence échographique et le suivi, pas sur les hormones 3, 5
Algorithme de prise en charge selon les caractéristiques échographiques
Femmes préménopausées
- Kystes simples ≤3 cm : Aucune prise en charge nécessaire, considérés comme physiologiques 2
- Kystes simples >3 cm mais ≤5 cm : Aucune prise en charge supplémentaire nécessaire 2
- Kystes simples >5 cm mais <10 cm : Suivi échographique à 8-12 semaines (phase proliférative optimale) pour confirmer la nature fonctionnelle 1, 2
- Kystes hémorragiques ≤5 cm : Aucune prise en charge supplémentaire nécessaire 1, 2
- Kystes hémorragiques >5 cm mais <10 cm : Suivi à 8-12 semaines 1
Femmes ménopausées
- Kystes simples ≤3 cm : Aucune prise en charge supplémentaire nécessaire 2
- Kystes simples >3 cm mais <10 cm : Suivi d'au moins 1 an montrant stabilité ou diminution, avec surveillance annuelle possible jusqu'à 5 ans 1, 2
- Kystes hémorragiques (quelle que soit la taille) : Évaluation complémentaire par spécialiste échographique, gynécologue ou IRM car ils ne devraient pas survenir en postménopause 1, 2
Pièges courants à éviter
- Ne pas opérer prématurément les kystes simples <10 cm sans période d'observation appropriée - le risque de malignité des kystes uniloculaires chez les femmes préménopausées n'est que de 0,5-0,6% 2
- Ne pas demander systématiquement un CA-125 pour tous les kystes - il n'est indiqué qu'en cas de suspicion de malignité basée sur l'échographie ou les symptômes 3, 4, 5
- Ne pas confondre l'évaluation d'un kyste avec un bilan d'infertilité - les dosages hormonaux (FSH, LH, estradiol) sont pertinents pour l'infertilité, pas pour caractériser un kyste 1
- Ne pas aspirer les kystes par voie transvaginale, particulièrement chez les femmes ménopausées avec kystes >5 cm - cette procédure est contre-indiquée 2
Indications de référence spécialisée
- Masses O-RADS 4 (risque de malignité 10-50%) : Consultation en oncologie gynécologique avant retrait 2
- Masses O-RADS 5 (risque de malignité 50-100%) : Référence directe à un oncologue gynécologique 2
- Kystes >10 cm chez toute patiente nécessitent une prise en charge chirurgicale 2
- Kystes complexes persistants ou augmentant de taille chez les femmes préménopausées nécessitent une référence gynécologique 2