Oui, une sonde double-J fortement colonisée peut créer un faux positif au TEP-Scan
Une sonde urétérale colonisée avec 140 000 UFC/mL peut absolument altérer l'interprétation du TEP-Scan et produire une captation hypermétabolique faussement positive dans les ganglions lombo-aortiques adjacents, même en l'absence de fièvre. 1
Mécanismes physiopathologiques de la captation du FDG
L'infection et l'inflammation augmentent considérablement la captation du FDG, créant des faux positifs potentiels dans les structures adjacentes, y compris les ganglions lymphatiques régionaux. 1 Les infections des voies urinaires associées aux sondes JJ provoquent une inflammation péri-urétérale et rénale significative qui peut s'étendre aux structures vasculaires adjacentes comme l'artère rénale et ses ganglions lymphatiques. 1
La colonisation bactérienne des sondes double-J est extrêmement fréquente : 28-30% des sondes présentent une colonisation bactérienne, avec E. coli comme pathogène le plus courant. 2, 3 Cette colonisation augmente avec la durée d'implantation et chez les femmes. 3
Précision diagnostique du TEP-Scan en présence d'infection
Réaliser un TEP-Scan en présence d'une infection urinaire ou d'une sonde JJ colonisée doit être évité car les faux positifs sont extrêmement fréquents. 1 Dans les régions à forte prévalence d'infections endémiques, la spécificité du TEP-Scan peut chuter jusqu'à 25%, une limitation qui s'applique également aux infections des voies urinaires. 1
Le TEP-Scan montre une sensibilité élevée (88-96%) pour distinguer les lésions bénignes des malignes, mais sa spécificité reste modeste (77-88%). 1 L'infection et l'inflammation sont reconnues comme causes majeures de faux positifs dans les directives internationales. 4
Interprétation du ganglion suspect de 10 mm
Un ganglion de 10 mm rétrocave avec SUV élevé se situe dans une zone grise où l'inflammation infectieuse et la malignité peuvent produire des valeurs similaires. 1 Les ganglions réactifs à l'infection peuvent présenter des SUV élevés (typiquement 3-8), chevauchant les valeurs malignes. 1
Un ganglion de 10 mm est à la limite supérieure de la normale, ce qui renforce la nécessité d'une réévaluation après traitement de l'infection. 1 Les critères morphologiques sur le scanner (taille >10 mm en petit axe et/ou rehaussement anormal) sont utilisés pour détecter les métastases ganglionnaires. 4
Stratégie de prise en charge recommandée
Traitement immédiat de l'infection
Traiter complètement l'infection urinaire avec une antibiothérapie appropriée basée sur la culture d'urine et l'antibiogramme. 1 Le retrait de la sonde colonisée est essentiel car elle constitue un corps étranger infecté. 2, 5
Délai avant réévaluation
Attendre au moins 4-6 semaines après résolution complète de l'infection avant de répéter le TEP-Scan pour permettre la normalisation de l'inflammation locale. 1 Ce délai est crucial car l'inflammation post-infectieuse peut persister plusieurs semaines.
Imagerie complémentaire immédiate
Une IRM abdominale et pelvienne avec contraste peut être réalisée immédiatement pour évaluer les caractéristiques morphologiques du ganglion sans les artéfacts inflammatoires du FDG. 1 L'IRM avec séquences de diffusion (DWI) peut aider à différencier les ganglions inflammatoires des ganglions malins avec une sensibilité de 61-94% et une spécificité de 90-99%. 1
Surveillance et documentation
Documenter la taille exacte du ganglion sur l'imagerie anatomique (scanner ou IRM) pour permettre une comparaison objective lors du suivi. 1 Combiner l'activité métabolique du FDG avec les caractéristiques anatomiques (scanner ou IRM) améliore significativement la valeur prédictive globale pour différencier l'adénopathie bénigne de la maligne. 1
Biopsie si persistance
Si un ganglion métaboliquement actif persiste avec des caractéristiques TEP inchangées après résolution complète de l'infection et un intervalle de 4-6 semaines, une biopsie guidée par imagerie doit être envisagée. 1
Pièges à éviter
Ne jamais interpréter un TEP-Scan réalisé en présence d'une sonde colonisée ou d'une infection active car la spécificité devient inacceptablement basse. 1 Les faux positifs dans ce contexte peuvent conduire à des décisions thérapeutiques inappropriées, comme une chimiothérapie inutile ou un retard dans le traitement de l'infection. 4
L'absence de fièvre ne signifie pas l'absence d'inflammation significative : la colonisation bactérienne à 140 000 UFC/mL représente une charge bactérienne importante capable de générer une réponse inflammatoire locale intense même sans manifestations systémiques. 2, 3