Oui, une sonde JJ colonisée avec une leucocyturie de 140 000/mL peut absolument produire un ganglion hypermétabolique de 10 mm près de l'artère rénale droite au TEP-Scan
L'inflammation infectieuse associée à une sonde JJ colonisée et une leucocyturie élevée augmente massivement la captation du FDG, créant un risque très élevé de faux positifs au TEP-Scan dans les structures adjacentes, y compris les ganglions régionaux. 1
Mécanismes physiologiques expliquant ce phénomène
Les neutrophiles et macrophages activés au site d'infection démontrent une forte avidité pour le FDG, produisant des valeurs SUV élevées qui imitent la malignité. 1
L'inflammation péri-urétérale et rénale causée par les infections associées aux sondes JJ peut s'étendre aux structures vasculaires adjacentes comme l'artère rénale et ses ganglions lymphatiques. 1
Les ganglions réactionnels à l'infection peuvent présenter des SUV élevés (typiquement 3-8), chevauchant les valeurs malignes. 1
Impact sur la spécificité diagnostique du TEP-Scan
Réaliser un TEP-Scan en présence d'une infection urinaire active ou d'une sonde JJ colonisée doit être évité car les faux positifs sont extrêmement fréquents. 1
Dans les contextes d'infection endémique, la spécificité du TEP-Scan peut chuter jusqu'à 25%, une limitation qui s'applique également aux infections urinaires. 1
Un ganglion de 10 mm avec SUV élevé se situe dans une zone grise où l'inflammation infectieuse et la malignité peuvent produire des valeurs similaires. 1
Données sur la colonisation des sondes JJ
La colonisation bactérienne des sondes JJ survient chez 53% des patients, avec des organismes multirésistants fréquents. 2
Le taux de colonisation est de 2% avant 4 semaines, 2,9% entre 4-6 semaines, et 25% après 6 semaines de pose. 3
Une culture d'urine stérile n'exclut pas la colonisation de la sonde - dans 60% des cas de sondes colonisées, la culture urinaire était stérile. 4
La colonisation de la sonde précède la colonisation urinaire, débutant typiquement 2 semaines après la pose. 5
Algorithme de prise en charge recommandé
Étape 1: Traitement de l'infection
Administrer une antibiothérapie appropriée basée sur la culture urinaire et l'antibiogramme pour traiter complètement l'infection. 1
La ceftriaxone 1-2g IV par jour est recommandée comme traitement empirique de première ligne, démontrant une supériorité sur les fluoroquinolones. 6
Étape 2: Délai avant répétition du TEP-Scan
Attendre au moins 4-6 semaines après résolution complète de l'infection avant de répéter le TEP-Scan pour permettre la normalisation de l'inflammation locale. 1
Les changements inflammatoires post-thérapeutiques peuvent maintenir une captation FDG élevée pendant 2-3 semaines après chimiothérapie et 2-3 mois ou plus après radiothérapie. 1
Étape 3: Imagerie complémentaire immédiate
Une IRM abdominale et pelvienne avec contraste peut être réalisée immédiatement pour évaluer les caractéristiques morphologiques du ganglion sans les artéfacts inflammatoires du FDG. 1
L'IRM avec séquences de diffusion (DWI) peut aider à différencier les ganglions inflammatoires des ganglions malins avec une sensibilité de 61-94% et une spécificité de 90-99%. 1
Étape 4: Préparation pour le prochain TEP-Scan
- S'abstenir d'exercice physique modéré à intense pendant 48-72 heures avant le prochain TEP-Scan. 1
Surveillance clinique
Documenter la taille exacte du ganglion sur l'imagerie anatomique (TDM ou IRM) pour permettre une comparaison objective lors du suivi. 1
Un ganglion de 10 mm se situe à la limite supérieure de la normale, ce qui renforce la nécessité d'une réévaluation après traitement de l'infection. 1
Si le ganglion métaboliquement actif persiste avec des caractéristiques TEP inchangées après résolution complète de l'infection et un intervalle de 4-6 semaines, une biopsie guidée par imagerie doit être envisagée. 1
Écueils à éviter
Ne jamais interpréter un TEP-Scan réalisé en présence d'une infection active ou d'une sonde colonisée comme définitif pour exclure ou confirmer une malignité. 1
La spécificité du TEP-Scan chute à des niveaux inacceptables en présence d'infection, risquant des décisions thérapeutiques inappropriées. 1
Combiner l'activité métabolique FDG avec les caractéristiques d'imagerie anatomique (TDM ou IRM) améliore significativement la valeur prédictive globale pour différencier l'adénopathie bénigne de la maligne. 1