Lien entre infection urinaire sur sonde JJ et ganglion rénal
Oui, il existe un lien direct : une sonde JJ droite colonisée par deux bactéries avec 140 000 leucocytes/mL représente une infection urinaire sévère qui peut provoquer une adénopathie réactive de 10 mm adjacente à l'artère rénale droite. 1
Mécanisme physiopathologique
- La colonisation polymicrobienne d'une sonde JJ augmente le risque d'infection symptomatique de 11 à 19 %, créant un foyer inflammatoire persistant. 1
- Un ganglion de 10 mm se situe au seuil diagnostique de suspicion (>10 mm), mais dans le contexte d'une infection urinaire active sévère, une adénopathie réactive (inflammatoire) est hautement probable. 1
- La leucocyturie de 140 000/mL confirme une infection active majeure, bien au-delà du seuil diagnostique, et justifie une intervention urgente. 2
Critères d'urgence à rechercher
Votre patient nécessite une évaluation immédiate pour les signes suivants :
- Fièvre ≥ 38,3 °C avec douleur lombaire 1, 2
- Leucocytose sanguine > 14 000/mm³ (rapport de vraisemblance de 3,7 pour infection bactérienne documentée) 1, 2
- Signes de sepsis : hypotension, tachycardie 1, 2
- Signes d'imagerie : hydronéphrose ou infiltration périrénale 3
Si l'un de ces critères est présent, une décompression urinaire urgente (changement de sonde ou néphrostomie percutanée) est obligatoire. 1
Prise en charge thérapeutique immédiate
- Remplacer la sonde JJ colonisée et obtenir des cultures de la sonde et de l'urine. 1
- Ceftriaxone IV 1–2 g par jour comme traitement empirique de première ligne, démontrant une supériorité sur les fluoroquinolones. 2
- La combinaison décompression urgente + ceftriaxone améliore la survie de ≈ 60 % (antibiotiques seuls) à ≈ 92 %. 1, 2
- Antibiothérapie ciblée selon l'antibiogramme (par exemple, ceftriaxone ou ampicilline-sulbactam) réduit les complications septiques de ≈ 50 % à ≈ 9 %. 1
Interprétation du ganglion
- Sur TEP-FDG, la sensibilité pour détecter les métastases ganglionnaires dans le carcinome urothélial est de 82 % et la spécificité de 84 %, mais la captation du FDG n'est pas spécifique et peut être positive dans les conditions inflammatoires ou infectieuses. 1
- Dans votre contexte d'infection sévère active, le ganglion de 10 mm est très probablement réactif/inflammatoire plutôt que métastatique. 1
Surveillance post-traitement
- Réévaluer le ganglion après contrôle complet de l'infection ; reporter la TEP-FDG de contrôle d'au moins 4 à 6 semaines après résolution. 1
- Une diminution ou absence de captation du FDG sur l'examen de suivi confirme un ganglion réactif inflammatoire. 1
- Une taille ou captation ganglionnaire persistante ou augmentée après éradication de l'infection suggère une possible récidive néoplasique et nécessite une exploration complémentaire. 1
- Si l'incertitude diagnostique persiste, réaliser une biopsie ganglionnaire guidée par imagerie pour histologie définitive. 1
Critères de résolution
Poursuivre le traitement jusqu'à :
- Normalisation de la leucocytose sanguine 1, 2
- Absence de fièvre et autres signes cliniques 1, 2
- Culture d'urine stérile sous traitement 1, 2
Prévention des récidives
- Remplacements systématiques de la sonde JJ tous les 3 mois pour minimiser les infections récurrentes, car la durée de maintien est le principal facteur de risque modifiable. 1, 4, 5
- Réévaluer régulièrement l'indication de la sonde et la retirer dès que cliniquement possible. 1
Piège à éviter
Ne pas traiter avec antibiotiques seuls : dans la pyélonéphrite obstructive, les antibiotiques sans décompression ont seulement 60 % de survie comparé à 92 % avec décompression. 2 La colonisation polymicrobienne de votre sonde avec cette leucocyturie massive nécessite impérativement un changement de dispositif.